‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 152 sur 169 · DÉSASTRES DE MILAN · texte numérisé non relu

DÉSASTRES DE MILAN

leur et l'épouvante, avaient un aspect misérable ; elle était un sujet d'extrême commisération, et un exemple incroyable du changement de la fortune pour ceux qui l'avaient vue naguère remplie d'habitants joyeux, heureuse et florissante plus que toute autre cité de l'Italie par la richesse des citoyens, par le nombre infini de boutiques et de professions industrielles, par l'abondance et la délicatesse de tout ce qui compose la nourri-^ ture de Thomme, par les pompes magnifiques et les ornements somptueux des femmes et des hommes, et par la nature des Milanais, amis des fêtes et des plaisirs. Maintenant elle était presque dépeuplée , soit à cause des ravages de la peste, soit par les émigrations qui avaient eu lieu et se continuaient encore. Les hommes et les femmes portaient des vêtements grossiers , pauvres; on ne voyait aucun vestige de ces boutiques et de ces ateliers qui procuraient à la ville de grandes richesses; la douleur et la crainte avaient remplacé l'allégresse des habitants... Beaucoup, afin de mettre un terme à tant de misères et de supplices par la mort, puisqu'ils ne le pouvaient vivants, se précipitèrent des lieux élevés dans les rues ; d'autres se pendaient misérablement eux-mêmes (GuiGCIARDIRl). D

Fabrice Maramaldo, officier calabrais, qui fut ensuite le meurtrier de Ferrucio, faisait souffrir les mêmes traitements à Lodi ; enfin Louis Vistarini, ayant surpris une poterne, y intro- 152s duisit les confédérés, qui forcèrent les impériaux à Tévacuer* 24jaiii. Ce fait d'armes permit aux Vénitiens, nombreux et bien pourvus d'artillerie, de rejoindre les pontificaux et de se diriger sur Milan. Le duc d'Urbin, soit par défiance des troupes italiennes» soit qu'il désirât voir humiliés les Médicis, qui l'avaient pendant quelque temps dépouillé de son duché, refusa toujours de donner l'assaut; une fois, il s'avança jusque sous la porte Romaine, mais pour revenir sur ses pas au grand déplaisir de tous, puisque Jean de Médicis voulut y rester seul une journée entière avec ses bandes noires, et put se retirer sans être inquiété. Ces lenteurs permirent au connétable de Bourbon d'arriver de Gênes avec des renforts ; puis, tandis que les confédérés, après avoir reçu les secours suisses conduits par Medeghino, mettaient quatre jours pour se rendre de Marignan à Casoretto, trajet de trois heures, le chftteau de Milan fut contraint de capituler, mais avec pleine. liberté pour François Sforza, auquel il ne resta plus 2a juillet. que Lodi et Crémone, que les confédérés lui avaient cédées.

En Toscane, la ligue agissait avec la même mollesse; Sienne,

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