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qui avait arboré la bannière impériale^ ne put être emportée par les Florentins^ qui firent preuve d'une grande incapacité militaire (1) ; Gênes elle-même sut rei)ousser André Doria, amiral de la flotte papale.
Les Milanais s'étaient flattés que le connétable de Bourbon traiterait avec quelques égards un pays qui lui avait été promis; il leur prodigua les bonnes paroles et les témoignages de sa compassion^ mais ils durent lui donner 30^000 ducats : somme exorbitante pour une ville épuisée^ et cependant tous se taxèrent pour la compléter ; mais, dès qu'ils l'eurent payée, il ne retira point ses soldats et n'offrit même aucune garantie aux habitants contre des troupes auxquelles» depuis longtemps, l'empereur ne fournissait pas de solde, et qui demandaient à grands cris le pillage d'une riche cité. Il demanda à Morone, devenu alors son prisonnier, 100,000 écus pour sa rançon ; sur sa réponse qu'il se trouvait dans l'impossibilité de payer une pareille somme, il lui envoya le prêtre, le billot et le bourreau ; puis il se contenta de 32,000, et mit dans le bref de délivrance : Cum nihil $it magiit necessarium pecunia^ et sumtus sint ingénies et fere intolerabiUs, Enfin il le .prit conmie secrétaire, et Morone devint Tàme de ses conseils.
Le pape Clément, dont tous ces événements avùent troublé la raison, prêta Toreille à l'ambassadeur impérial, Hugues de Moncade, qui se vantait d'être Je disciple du duc de Valentinois; il lui promit, tout en réunissant des troupes sur la fron« tière du royaume de Naples, de le réconcilier avec l'empereur et les Colonna, lesquels veillaient armés dans leurs chftjteaux. Ce fut une ruse diplomatique ; car, aussitôt que le pape eut
(1) A propos de la bataille livrée à la GasIetUna près de Sienne, 6 août 1526^ Machiavel écrivit à François Yettori : « Vous oavez que j*ai la plus grande peine « à croire aux choses surnaturelles ; mais cette déroute me semble aussi extrait ordinaire, pour ne pas dire miraculeuse, que quelque chose qui soit arrivé « dans la guerre depuis 1494 jusqu'à nos jours ; elle me paraît semblable à cer- « taines histoires que j'ai lues dans la Bible, alors que la frayeur envahissait les «t hommes, qui fuyaient sans savoir pourquoi. Il ne sortit pas de Sienne plus de « quatre cents fantassins, dont le quart se composait de nos honnis et relégocsy « avec cinquante chevau-légers, qui firent fuir jusqu'à la Castellina cinq mille « fantassins et trois cents cavaliers. Si, après la première fuite, mille hommes « de pied et cent chevaux s'étaient réunis, ils auraient repris l'artillerie au bout « de huit heures ; mais, sans être poursuivis plus d'un mille, ils fuirent pendant « dix milles. J'ai onî dire qu'il n'y a pas de plus grand seigneur que l'effrai, et^ « dans oette drconstanoe, il me semble que j*ea ai va une piesve oertaion. »
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tnité ayec Lanooy, vice-roi de Naples^ et congédié ses troupes, le cardinal Pompée Golonna (1), qui avait été le ooniMtiteur de Clément à la papauté et comptait le remplacer par rimluenoe de Cbarles-Quiot^ rassemble^ d'accord avec Moncade^ huit mille sepiembre. paysans ; à leur tète, il marche sur Rome^ saccage Transtevere> le palais du Vatican et une grande partie du bourg Nuovo, dépouillant tous les cardinaux et prélats qu'il peut surprendre.
Clément envoie des députés pour traiter, tout en excitant le peuple à se défendre; mais le peuple s'inquiétait peu d'un pontife cause de ses maux. Il songe donc à renouveler les scènes de la Rome antique en attendant les envahisseurs sur son trône et dans la majesté de la tiare ; puis il juge plus prudent de s'enfermer dans le château Saint - Ange , où il ne trouve pas de vivres pour trois jours. Obligé de capituler il convient de pardonner aux Colonna et de rappeler ses troupes de Lombardie, avec sa flotte qui bloquait Gènes. Ces dures conditions^ Moncade les lui imposait à genoux et au milieu des témoignages du plus ^
grand respect ; alors le pape rappela ces paroles de l^vangile : Ils lui donnaient des soufflets et disaient : Salut, roi des Juifs. Dès lors sa réputation (}e prévoyance fut compromise, et sa dignité avilie; à peine libre^ il annule la trêve accordée aux Colonna, enlève le chapeau aux cardinaux de leur famille, les frappe d'excommunication^ et lance sur leurs domaines Renzo de Ceii et Paul Vitelli^ qui promenèrent la dévastation autour du riant lac d*AIbano et jusque dans les Âbruzzes, au point que ces contrées ne purent jamais s'en relever ; il ne resta que des ruines de lilarino^ Monteforlino, Zagarolo, Subiaco et de quatorze autres villages. L'Italie, comme on le voit^ avait autant à souffrir de ses défenseurs que de ses agresseurs.
Cependant la retraite des troupes pontificales, motivée par les conventions, fit perdre à la ligue toute sa force et son titre de sainte; néanmoins elle pouvait encore lutter avec avantage contre les Allemands, que l'empereur n'était pas en mesure de payer; mais ces mercenaires se joignirent à George Frundsberg, commandant du Tyrol, qui, luthérien fervent, jurait de saccager Rome, et portait avec lui des cordes de soie et une d'or pour étrangler les cardinaux et le dernier des papes. Au moyen de l'argent que son crédit et des gages lui ont procuré, et par l'appât du riche butin que les autres font en ItaUe, il rassemble
(1) Sa vie, écrite par Paul Jove, est piUoresque.