G NOUV£U£ EXPULSION DES MEDIGIS
Jules, devenu Clément VII, montra, dès le principe^ de la clémence et des sentiments libéraux^ soit par crainte de Jean des Bandes noires^ soit pour obtenir qu'Hippoiyte, fils de Julien, troisième enfant de Laurent le Magnifique, à peine âgé de quinze 152 ans, et déjà cardinal, fût déclaré apte à tous les emplois de la république. Lorsque ses désirs furent réalisés, il le nomma gouverneur de Florence, et la seigneurie ne pouvait résoudre aucune affaire sans consulter cet enfant.
Clément enveloppa Florence dans ses velléités politiques. Après avoir perdu toute importance d'État, cette ville devait encore fournir des hommes ou de Targent pour les desseins des autres, au point d'imposer les biens ecclésiastiques et ceux des corporations des arts. Florence regrettait Savonarola^ Soderini, Tancien bon État, et, selon l'habitude des mécontents, elle se réjouissait de tous les malheurs du pape. Lorsque le connétable de Bourbon menaçait le pays avec ses brigands, qui déjà ravageaient le val de Chiana et le Casentino , les jeunes gens, selon Fusage , demandèrent des armes pour repousser les envahisseurs; n'ayant pu les obtenir, ils les enlevèrent par force, et munirent les remparts, tandis qu'ils demandaient d'assurer l'intérieur contre la garnison étrangère. Ils firent entendre Fancien cri de Peuple et liberté/ et proposèrent de bannir les Médicis. Clarisse, fille de Pierre II, commandait et excitait les insurgés; à la mort de Laurent d'Urbin, son frère, elle avait prétendu hériter de ses droits, et se voyait, au contraire, préférer deux bâtards, outre que son fils, issu de Philippe Strozzi , n'était pas môme cardinal.
Ce riche citoyen, fils de Fautre Philippe qui construisit le grandiose palais, l'avait épousée, bien que la loi interdit les alliances avec les rebelles ; il paya l'amende, dans l'espoir, sans doute, que la fortune relèverait la maison des Médicis, et , par suite, la sienne, qui avait donné seize gonfaloniers, quatre-vingttreize prieurs, et comptait, en 1520, quatre-vingts chefs de fa- * mille, cent vingt personnes aptes à remplir les fonctions. Philippe s'était trouvé au nombre des otages que Clément VII, pour sortir de captivité, avait donnés aux Allemands; mais, comme le pape refusa de payer sa rançon, Philippe, délivré spontanément par Moncade, lui fut toujours Irès-hostile, et cherchait maintenant à soulever Florence contre son autorité. Mais Louis Guicciardini , gonfalonier de la justice , « et qui s'était montré le courtisan assidu des Médicis, dont il avait reçu des bienfaits ,