‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 28 sur 169 · ART DE LA SOIE · texte numérisé non relu

ART DE LA SOIE

pliqués au moyen de la broderie et de l'impression; Gènes ^ Venise et Lacques, surpassées par Florence^ rivalisèrent dans l'industrie des brocarts.

Le Vénitien Marino de Cataponte, en 1456^ recevait du roi de Naples 1,000 écus à titre de prêt, afin d'établir dans le royaume des fabriques d'étoffes de soie et d'or : la soie, l'or filé, le kermès A tout ce qui servait à cette industrie étaient exempts de droits d'entrée; les ouvriers devaient être traités comme Napolitains; dans leurs causes civiles et criminelles, ils ne pouvaient avoir pour juges que leurs consuls, qui, au nombre de trois, étaient élus chaque année par tous les membres inscrits sur le registre matricule de l'art, avec obligation de siéger tous les samedis. D'autres droits, avec des subsides, furent accordés aux Florentins François de Nerone et à Jérôme de Goriante, ainsi qu'à Pierre des Gonversi, de Gênes; plus tard même, aa établit à Naples un tribunal distinct du noble art de la soie, des décisions duquel on ne pouvait appeler qu'au conseil supérieur, où le juge faisait le rapport, debout et la tête découverte (1). L'art de la laine y obtint des droits presque égaux. D'autres tisserands génois et florentins, appelés par Charles VU, établissaient à Tours , en France, les premières manufactures de soie.

Cet art ayant beaucoup dépéri à Lucques, où il florissait tant à l'origine, on chercha à le raviver par des règlements qui durent au contraire hâter sa décadence. Le statut de 1482 défend la fabrication des étoffes de soie à quiconque n'est pas membre de l'art : pour être inscrit sur les registres de cette corporation comme maître, il faut attester d'un apprentissage de quatre ans si l'on est fils d'un associé, et de cinq si l'on est étranger; défense à tout individu qui tisse de la soie d'exercer un autre état où l'on travaille cette matière ; quiconque commence une pièce doit la faire marquer, en indiquant sa couleur et sa longueur; qu'on ne tienne pas dans sa maison plus de tisserands qu'il n'est prescrit, et qu'on paye un ducat d'or pour se faire immatriculer; que la femme qui se marie hors de l'art ne puisse l'enseignera d'autres; qu'on n'admette pas d'apprentis étrangers; les marchands devront jurer de ne jamais teindre les taffetas avec de la garance ou du sang de bouc , et emploieront le kermès pour la teinture des draps écartâtes (â). Tous les pays nous offriraient les mêmes erreurs économiques.

(1) GlAKKOifS, J/oWa cmle, XXTII,3.

(3) Documend de ToiUfASIi Sommario de/lo ttorla di Luccû^ p. 63*

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