‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 31 sur 169 · ASSURANCES. ARGENT · texte numérisé non relu

ASSURANCES. ARGENT

res. Néanmoins, comme elles ne liaient que des personnes intéressées dans Texpédition^ elles différaient beaucoup de ces spéculations à la fois hasardeuses et précises , où Ton calcule les vents, les avaries, les saisons, les éventualités politiques, jguerre et piraterie, pour offrir la réparation de toutes les pertes, moyennant une légère contribution.

On a prétendu que Bruges les connut en 1310; mais cette opinion n'est appuyée d'aucun document. Or, comme aucune loi maritime du Nord n'en parle,' pas môme la grande ordonnance hanséatique de 4364, il est présumablo qu'elles commencèrent parmi les Italiens, puisqu'elles sont mentionnées par les statuts de Pise de i 161 (1). En 1300, Pegolotti expose comme ordinaires ces assurances de l'argent et des marchandises^ a pour les garantir sur terre et sur mer contre tous risques de gens, de naufrages, de feu^ de corsaires^» moyennant une prime de 6 à 15 pour 100; puis le bref du port de Gagliari prévoit les cas du naulegar et du sigurare (frets et assurances).

Mais, alors que l'argent était si rare^ le commerce ne pouvait prendre un grand essor. Les mines d'Espagne et de Hongrie étaient les seules qui fournissent de l'or, auquel il faut ajouter une petite quantité de poudre venue de l'Afrique, et quelques paillettes des fleuves italiens; on n'exploitait pas encore les mines d'argent de Harz ; les achats faits dans l'Inde et la Chine se payaient en monnaie effective, parce que ces régions n'avaient pas besoin des denrées et des produits des fabriques d'Europe; ce n'est que de nos jours que l'Angleterre a pu la remplacer par l'opium et les cotonnades.

Les Romains s'aperçurent de cette lacune, mais ne surent pas la combler; le manque de numéraire, accru par les ravages des invasions, ensuite par les croisades^ empêchait les transactions^ fort rares il est vrai, dans l'intérieur : en effet, la propriété était enchaînée par les fiefs^ les redevances, les droits conununaux, la mainmorte et te désir de conserver les possessions des aïeux; en outre , pour la consommation usuelle^ on avait sans cesse recours à l'échange. L'Italie cependant eut toujours plus de numérai|^ que les autres pays : d'abord^ parce que son industrie en attirait chez elle, tandis que les autres nations, qui se conten-

(1) Excipimtis prœstanticu de mari, quas marinarii inter se/acere eoiuueve' rufttf et eredentias quas socîi tractores facere eoruueperunt : "^rbi gratta qyas facîunt in SicUia^ ad moccobeUtun vocatus, vel alias similes» (Rubr. XUI.)

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