‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 36 sur 169 · LES YBNITIENS EN EGYPTE £T DANS LE LEVANT. H · texte numérisé non relu

LES YBNITIENS EN EGYPTE £T DANS LE LEVANT. H

sni^^ aussitôt les Italiens apparaissaient sur les côtes dans un appareil menaçant» comme le fait aujourd'hui l'Angleterre.

Exceptés de l'excommunication contre quiconque portait aux ennemis de la foi des bois de construction , des armes et du blé, les Vénitiens entretinrent toujours des communications régu* Hères avec les musulmans; ils avaient un consul à Alexandrie, des comptoirs dans la Syrie, et des traités avec les Barbares ques (1) qui accordèrent aussi des privilèges et des franchises à d'autres Italiens. Les Pisans obtinrent du bey de Tunis l'île de Tabarca , afin de pécher le corail , et d'autres faveurs de Tempereur du Maroc.

Les Vénitiens étaient encore les seuls qui introduisaient les camelots dans l'Arménie, d'où ils exportaient le poil des chèvres d'Angora, avec exemption de tous droits d'entrée, des magistrats propres, et l'entière franchise pour les marchandises qui» tirées de Tauris et de la Perse, traversaient le pays. Trébizonde profitait de ce trajet pour se couvrir de colonies qui faisaient le commerce des épices. Les Vénitiens eurent, avec une juridiction particulière, un quartier dans cette ville, de laquelle ils se dirigeaient vers la Perse et la Mésopotamie, avec privilège de libre passage et des comptoirs pour les opérations d'échange et le trafic du vin.

Plus tard, ils augmentèrent leurs établissements sur les côtes de la Grèce, dans la Propontide, à Adrianopolis, dans une bonne partie du Péloponèse, dans plusieurs Qes et ports de la Morée , jusqu'au fond de l'Adriatique; ils investissaient leurs citoyens, à titre de fief, des lies de Lemnos, de Scopelo et de presque toutes les Cyclades ; ils acquirent Négrepont et s'interposèrent avec avantage dans les discordes domestiques des empereurs byzantins, et dans les querelles de ceux-ci avec les Génois de Galata. Mais ils ne recouvrèrent plus leur ancienne prépondérance dans la mer Noire, et, pour y avoir accès, ils concluaient des traités avec les États situés sur les rives du Danube, stipulant le droit de les traverser; aussi le négoce avec l'Allemagne» la HiHigrie, la Pologne, la Kussie , les alliances avec les Bulgares et les populations danubiennes jusqu'à la Tauride, les échelles

(!) Dans les amées 1306 » 1317 et tZ%0,\eme fit des traités ayec Tunis, et «vec Tripoli en 1356. Quatre traités conclus entre la rqiublique et les rois de Tniiis de la race des Afides, traités inconnus des historiens de Venise, sont don- Ml par le baron de Hammer, Hut. des Osmanih, t. iv, p. 691.

il8 ItÂRINE Y^NlTIEimE.

sur toutes les côtes d'Italie, en Fmnce, er) Espagtie^ en tiàndlre, en Angleterre, enfin depuis Astrakan jusqu'à rAtHque intérieure^ offraient dMmmenses bénéfices, dont profitait te peuple qui , après la moitié du quatorziètné siècle, gardait le privilège du commerce^ avec exclusioh des nobles, auxquels étidt réservé le privilège du gouvernement.

Venise entretenait partout des consuls ou balles, avec mission de faire respecter la patrie, de protéger leurs concitoyens et de leur rendre prompte justice ; celui de Constantinople, qui était en même temps intemonce de la république, juge des Vénitiens et inspecteur du commerce, portait une chaiissure écarlâte comme Tempereur, sortait avec des gardes, exek'Qait pleine juridiction sut* la colonie, et> après la prise dô cette ville par les Turcs, il eut sous sa protection des étrangers mèïné, surtout des Ârméiiienâ et des juifs.

Le doge Renier! 2en fit compiler par Nicolas Quirlni , ^cttt Badoei^ et Marc Dandolo, un code de commerce et de navigation {Statuta et ordinamenta super navibus et lignis aliiÈ) avec des mesurés excellentes, exprimées dans un langage simple, exact et concis, digne enfin d'être imité. Type de toute )a lé^ lation maritime, ce code prescrivait le mode des armemëtits, la forme du serment des marins, et déterminait les devoirs des patrons ou des consuls, le chargement, les provisiotis, le prix du trajet, les armes et les bannières. Le nombre des navires et des individus était fixé, comme aussi le ihométit de prendre la mer, le lieu de débarquement, la qualité et la quantité des ma^ chandises à tjransporter, à Taller et au retour. Lès objets à échanger avec des marchandises asiatiques étaient affranchis de tous droits, ou n'en payaient que de très-modérés.

Les discours du doge Mocenigô (ch. GXV) nous ont found un bon témoigtiâge de la prospérité vénitienne ; nous y avons vu que, vers la fin du treizième siècle, trois cents navires ma^ chauds dé deux cents toUneaux, et trois cents grosses tlefs po^ tèrent vingt-cinq mille marins, toujours bien armés, tâtidis que onze mille se trouvaient sur quarante^itiq galetas. Sur ta fin du siècle suivant, on trouvait trente-hutt tnillé marins servant sur trois mille trois cent quarante-cinq bâtiments. L'arsenal, commencé vers Tan 1104 sur les anoiêni Hots Qeniole, Ait «grandi en 1804 sous le dogat de Pierre Qradenigo, ptiiSj en 182(lst U73y jusqu'à former tièt eUsdmble (}ui, malgré sa triste solitude, cottimande encore radrtiiration. Il était placé sous l*autorité de deux

MAnniK VÉKIHKIIM. Ild

imigifitraiures de sénatéurs) c'esUà^dire de trois stiiltiiendAnts pour la haute inâpectton > de troii {latron^ cftii ordonnaient et luneiniiient les travaux ^ el couchaient dans trots palais conti^ gUB à l'arsenal , appelés Poradit, Purgaioirèi Enfêf, Le^otH wiers de Tiunenal^ population nombreuse (i)^ dévoilée k kt Sen gneorie qui assurait son bien^tre^ fomiident la garde personnelle du aouveraini

Les lies et les cAtes du Levant fournissaient en abondance les bois de construotiôn; dès que (ses possessions furent restreititetf> mais surtout après roeeupatkm de l'Albanie et de^rËselavonie par les Turcs, il fallut s'approvisionner sur le territoire même de la républiqée^ U est certain qu'avant l'année 1479 > on em^ployaii les bois de Montelio dans la marche Trévtsane^ 01 de Montone dans l'istrie, bois très^i^eilommés , et qu'a détruits la barbare diplomatie de nOs joursi

Venise faisait usage de cinq sortes de galères : des grandes pour les voyages de Flandre et d'Angleterre ^ des légères» des aefs carrées et latines pour la Tana et Constantinople (1). Ses osraques étaient fameuses. Jean VilUmi nous apprend que des Génois et dés Vénitiens ayant vu^ en i34è, quelques navires de Bayonoe plus légers^ plus agiles et plus propres aux oombatë, passer le déth)it de Séville > ils en construisirent de sembla«bies^ oe qui fut une grande révolution dans la tnarine. Pen<danl son aéjour à Venise^ Pétrarque voyait des navires, s pareils à des montagnesi sillonner la mer pour transporter^ à tt^avers mille dangers, nos vins aux Anglais, llotre miel aux Scythes, no^ tre sàfrata, nos huiles et noire lin aux Syriens, aux Perses^ aux

(1) lies a«r» //« ^iffi.i xsti, 969^ eu portant Is ooiabrs à «lille, el le ttvrfe Fenisê tt set iagimes, !• h p. t76, à dix-nSuf miU^i si» tsmt il, p« Ul» il dit qu'ils atteignirent le chiffre de quatre nille^ et à U pa|8 %^2 U fix^lemaunuiia à troi« mille cinq cents, Cet divergences «ont moins excusables dans lesmonoaraphles.

(t) tta riiaitusiarit de la biblioUiëque Mâgliabectilatta, cla^ lit , rècUèil ^, ttum d*un marin du quinzième siècle , décrit avec détail les formes des diverses galères, des navires, avec toutes leurs dimensions, tOnileUi^) etc.

U rapidité des oonitmotions navales est prMqiiS ifateplieibis» iâtffaêà dé Vaiigi&t {Âer. It, Seripi.i IX, 17) atteste que, du 1& juillet au IS août 1197, la t4pdilique génoise équipa âtnx cents galères de deux eeht iringt hommes chacune ; an l>S4^elleett équipa soixante-dix en trois joui*s. Venise, en moins de cent JbuM, prépara une flotte; m pvésetioii de Henri 111, une galère ftit équipée et lancée èlamer ad deux hsares. Ba 1S69, ml incendis ajrAtttdéttaft Tarsenal, flen M^ til, l'année suivante, la flotte qui détruisit celle des Turcs à Lé|lélttfè.

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