AUTRES VILLES COMMERÇANTES
soins de leurs guerres mutuelles, et nous les avons vus employer toujours ceux des Génois^ comme le faisaient souvent la France el l'Angleterre, lesquelles, pas plus que la Hollande, ne laissaient encore soupçonner leur future grandeur ; on voyait très-rarement une bannière du Nord flotter sur les mers dltalie^ et les Catalans seuls sillonnaient la Méditerranée comme l'Océan.
Venise et Gênes étaient sans doute les principales, mais non les seules villes commerçantes de Tltalie. Âmalfi ne $e releva plus; mais Naples faisait le trafic de ses productions diverses avec Constantinople, la mer Noire et Marseille. Trani était un vaste entrepôt de marchandises asiatiques ; Gaête étendait son trafic jusqu'à la Barbarie, oii elle avait un consul dès li25^ et la Sicile commerçait avec la Catalogne et l'Espagne orientale. Des marchandises de tous les pays affluaient à Messine et à Palerme; outre ses relations avec le royaume de Naples et le reste de l'Italie^ consolidées par des traités^ avec Gênes en 129â^ avec Pise en 4316, avec Venise en 1365, un autre de 1331 avec Narbonne atteste le conunerce de la Sicile avec la France^ sans parler de l'Espagne, de la Flandre^ de TÂngleterre^ et des côtes de Barbarie^ de l^ypte^ de la Syrie^ de Chypre, de Rhodes , de Constantinople. Ancône^ florissante par son industrie^ échelle pour le commerce de Florence avec POrient, envoyait ses propres navires à Constantinople, à Chypre^ en Barbarie^ et trafiquait avec plusieurs villes d'Europe. Dès 1276^ elle avait un traité avec Gênes; mais sa position la tenait sous la dépendance de Venise, qui finit par Popprimer. La Corse et la Sardaigne^ dont lesPisans^ les Génois et les rois d'Aragon se disputèrent si longtemps la possession, exportaient les produits de leurs territoires; lorsque la Sai*daigne passa sous la domination de PAragon, elle établit des relations plus étendues avec, la Catalogne.
D'autres villes de l'intérieur envoyaient des marchandises dans divers pays d'Occident^ où elles acquéraient des privilèges, non par force et astuce^ mais par supériorité d'intelligence. Asti^ dont le territoire comptait soixante-dix mille habitants, avait des négociants eu France et dans les Pays-Bas, outre une colonie à Alexandrie d'Egypte ; en France, elle s'occupa du prêt d'argent, et mit tant de capitaux dans ces opérations que, le roi ayant fait arrêter tous les banquiers astigians, ciuquantre d'entre eux se trouvèrent possesseurs de plus de 800,000 livres, qui feraient 27,000,000 de francs (1).
(1) RiniL Script., XI, 142.