PIS
l^e Pô $ervait aux échangea intérieure, et ce fleuve était U prospérité de Ferrare^ qui| riche de tous biens^ tirait beaucoup de comestibles des cités voisines et de la mer. Par les bouches du Pô (raconte un chroniqueur), cette ville voyait arriver dans sea murs des navires chargés, jusqu'à l'extrémité du m&t , de marchandise de tous les rivages. Sans qu'elle fût obligée d*aller chercher à Ravenne ou à Venise ce dont elle avait besoin, chaque année, dans la prairie commune près du Pô, se tenaient deux foires où beaucoup d'iiidividus accouraient de lltalie et de la Gaule, et tous gagnaient en trafiquant. Les revenus du fisc étaient si considérables que la commuuet après avoir payé toutes ses dépenses , pouvait encore distribuer quelque chose aux citoyens, qui recevaient proportionnellement à la cote de leurs contributions. Cette prospérité disparut lorsque les Vénitiens s'at* tribuèrent la souveraineté sur la Méditerranée^ et fermèrent les bouches de ce fleuve, cause de tant de conflits. Comaochio avait commencé las fablunche d^t pesçe, aU moyen desquelles, de nos jours, il sort de ces vallées quatre-vingt mille charges d*anguiiles lOArlpées.
Les PiçanSi qui riv^disaient avec les Vénitiens et les Génois par leur industrie manufacturière, par la navigation et le eouimerce, ne firent que décliner après la funeste bataille de la Moloria en 1^84. lia perte de la terre sainte nuisit à leur commerce dans la Syrie, et ils n'étaient pas en mesure de soutenir dansU mer Noire la concurrence , à laquelle d'ailleurs ils furent contraints de renoncer par le traité de 1299 ; le port qu'ils possédaient à ^embouchure du Tanaïs tomba sans doute au pouvoir de leurs ennemis, et fut enfin détruit par les Tartares. Après la ruine des colonies d'où ils tiraient le bois de construction et des matières d'échange pour le commerce extérieur, après la cession forcée de la Corse et de la Sardaigne à la république de GèneSi ils ne conservèrent que les MaremmeSi encore assez fertiles, et rile d'Elbe, importante pour le fer. Cette Ue, en 4290, avait été occupée par les Génois -, puis des marchands de Pise la recouvrèrent en i309 au prix de 56,000 florins, et surent exploiter avec fruit les mines de Rio.
Le port Pisan, à Tembouchure de TAmo, avait été détruit dans la guerre contre Gênes; dès lors, réduite presque à U seule rade de Livourne^ exposée aux coups de ses ennemis, Pise fit construire une tour pour la défendre et protéger la navigation. De là elle continuait son trafic avec la Sicile, Chypre et la
Birbarie; nws S4 marine mililaire était trop faible pour dcfcn^ dre des établiasemenU loiQtain$ , ou protéger ses armateurs eoDtre aes ennemis et les pirates. Plus tard> Florence la subju-t gua, et, sans aueun respect poqr les souvenirs d'une splendeur^ d'une industfie et d^une habileté maritimes qui formaient une des plus grandes gloires de la Toscane, elle en détourna les fabri*' ques et le coipmeroe ei) grpsi
Déjà nous avons parlé d^ Taotivité commerciale des Florentiiis. De bonn^ heure i\% avaient pénétré dans la Hongrie, dont les mioM d'or et d'argent palpaient pour les plus riches du monde; les Médicis, lea Portinari , les Boscoli, les Tosinghi> les del Nero^ 1^ del Bene et les da Uz^ano avaient des maisons dans 06 pays. François Balduoci Pegolottit qui^ avant idiù, éci*ivait m les usagea et les règles que les marcimnds doivent suivre dans leurs voyagea (i), noua apprend que les Florentins étendaient leurs relations oommercialea jusqu'à l'Angleterre > au Maroo^ à tout le Levant) souvent ils prenaient k ferme la fabrication dea monnaiesi et le premier Edouard $ en Angleterrcj plaça l'hôtel des monnaies sous la direction d'un membre de la famille des Frescobaldi . Un Bardi, en 13^^ avait la ferme des impôts de tout ce royaume moyennant 2 livr^ sterling par jOMr^ tandis (|u'ils en avaient produit, eu 1283. 8Mi (ilA<<uii). A Bi'uges, où Ton ne tolérait qu'une banque pour chaque nation étrangère, les Génois^ les Locquois^ les Florentins et les Lombards formaient des compagnies distinctes. En 1422, on calculait qu'H circulait à Florence 4,000^000 de florins ; dans la correspondance e^^téric^ure de cette république^ la plupart des lettres sont relatives au commerce et aux marchands^
Les lentes exportations par terre ne pouvaient suffire à aou activité; convaincue que la navigation offrirait on moyen plus éooDomique pour trafiquer avec litalie et l'Europe méridionale, elle seul praticable avec les contrées lointaines, elle flt, au trei- Dème siècle, un traité avec Pise afin d'y établir un entrepôt de laarchandises; mais, se voyant contrariée, elle s^entendit avec la république de Sienne pour les expédier par le port de Teiamone^ dont elle se servait toutes les fois qu'elle se brouillait aveo Pise. W« qu'elle se fut rendue maltresse de cette ville, elle s'efforça.
(1) lUr» dS liivisamêttU di paesi, d't m'uuri di mercataiiùe , ed altre cose ai* i^tmoii dl êttpêr$ a mtrenkmii di diverse parti dei monde; publié par Pag-