APJSRÇU PHILOSOPHIQUE ET UB£|UL
nom à chaque individu^ avec des passions et des caraclèr^ pro* près; au milieu de ce spectacle, nous apercevons souvent da intentions généreuses, de nobles intérêts, des périls énergique* ment affrontés, au point que les acteurs méritent plus que ks héros des empires l'attention de quiconque s'intéresse à rhomme, quels que soient son nom et ses proportions , qui lutte pour h conscience^ pour la liberté, pour la patrie. Voilà pourquoi le moyen âge est si diversement apprécié, d'autant plus qu'Q a dei formes grossières^ et que l'induction et la déduction cédaient It place à Pintuition^ source féconde de connaissances et de vériitt plus directes et plus essentielles, parce qu'elle produit l'enthousiasme, traité de folie par la froide raison incapable de l'expii* quer ; en outre, on y trouve toujours en contraste l'aspintioi infinie de la pensée et la triste réalité^ la charité et la baiinri^ rironie et l'amour^ le doute et le mysticisme^ et, dans le même auteur^ des paroles amères contre les papes et de la vénératioi pour saint François.
Il est des gens qui s'efforcent de tout ramener à la taesan de notre petite taille; puis^ à force d'abuser du mot liberté^ d'ériger le sophisme en rëgle^ de repousser les vérités contraiia à leur parti, de refuser toute importance aux principes qui m sont pas les leurs, ils deviennent, sans le vouloir^ les courtisaDS de la violence et de l'arbitraire^ et, quand ils n'entendent pas di cris dans la rue^ ils proclament que la société est organisée. Avec de pareilles idées, il nous semble tout naturel qu'ils db sachent que déplorer ces temps, qu'ils préfèrent à la tutelle municipale le pouvoir arrogant, à la liberté du plus grand nombe la souveraineté politique, et qu'ils maudissent les gouvenc* ments populaires en face des rois qui, dans l'âge suivant, ip* portèrent à l'Italie le silence de la prison et le repos de la tombe.
Acquérir la liberté sans luttes, passer d'un gouvernement i un autre tout doucement, c'est là une utopie de journalistes q idolâtrent leur propre raison et immolent les faits à la théorie. Venise elle-même, dans les premiers siècles de son existence, s'était agitée au milieu des révolutions et des ambitions jusque ce qu'elle eût trouvé son assiette. Les autres républiques po«^ suivaient encore cette transformation plus ou moins dootoa* reuse; mais toutes étaient bouleversées par la turbulence (ks bannis, par l'immixtion gibeline, et bientôt par la conquête éWr gère, de telle sorte qu'elles ne purent chûiger les instincts efi raisonnements, les passions en principes' moraux.