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ALEZiraMB TI.
ques et pour un double adultère. Alexandre , quand il alla ftbe le siège de Sermoneta^ lui confia le gouvernement de Rome, et Lucrèce habitait les appartements du pontife^ ouvrait ses letties et dirigeait Tadaûnistration avec le conseil des cardinaux: tint la turpitude était triomphante, et le crime érigé en science!
Le journal écrit par Burcardo à cette époque atterre moins par les crimes que par la froideur qu'il met à les raconter, et diaprés laquelle on les croirait habituels, si l'on pouvait aeott^ der pleine confiance à ce document, altéré peut-être, et certainement exagéré. « A Rome (dit-il vers l'an 4489) il ne se fainit rien de bon, et l'on voyait dans la ville beaucoup de vols et de sacrilèges. On enleva de la sacristie de Sainte-Marie du Transtévère des calices, des patènes, des encensoirs, une croix d*»gent où était un morceau de la sainte croix, lequel futensake trouvé dans une vigne ; il en fut de même dans d'autres églises. Il faut y ajouter beaucoup de meurtres : Louis Mattei et sesflbj conti*e la foi et la sûreté données, tuèrent André M attncd an moment où il se faisait raser dans la boutique d'un barbier;»-! pendant ils n'eurent pas besoin de quitter la ville, où le pape, diUon, leur permit de rester pour de l'argent. On assure mftK bien que je n'aie pas vu la bulle, que le très-saint père a deoaé à Etienne et à Paul Margano, en transformant leur maisoB en asile, rémission des crimes et meurtres commis par eux et dix. de leurs sioaires, bien qu'ils ne se fussent pas réconciliés mtf\ les héritiers des victimes ; même rémission à Marin de SteCmft pour les assassinats dont lui et ses compagnons s'étaient rendns coupables; môme rémission aux fils de François Bufalo, qni avaient tué leur belle-mère enceinte , outre qu'ils «mt reçu du pontife huit condamnés à mort, afin de pouvoir aller et veiA| en toute sécurité.
a La môme chose se raconte de beaucoup d'autres, et la vfll( est remplie de scélérats qui , après avoir égorgé quelqu'im, réfugient dans les maisons des cardinaux. Au Capitole, on nal voit presque jamais le supplice de personne; seulement laooof| du vice-chancelîerfait pendre quelques criminels près de Tcn Nona, où ils se trouvent le matin sans nom ni motifs. On dit core qu'un certain Laurent Stati, aubergiste à la Rotonde, deux de ses filles à des époques différentes, et un da sea dùœ»^ tiques , accusé d'avoir eu des relations avec elles : il fut dooe enfermé avec un de ses frères au château Saint-Ange, où le bourreau alla pour les décapiter } maiSj au contraire, ils furent
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relftchés^ et moi, j^ai vu cela^ et j'ai ouï dire que c'était à cause de 800 ducats qu'ils avaient dounés. Un jour on demandait au procamérier pourquoi on ne faisait pas justice des coupables, et^ moi présent^ il répondit : Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il paye et vive. . .
«Le samedi, 4 septembre^ arriva la nouvelle du mariage conclu entre Alphonse^ fils aîné du duc de Ferrare, et la dame Lucrèce Borgia, fille du pape. Le dimanche suivant^ ladite Lucrèce se rendit à cheval à Féglise du Popolo» vêtue de brocart d'or frisé^ accompagnée d'environ trois cents cavaliers^ et précédée de quatre évoques à cheval. Le lendemain^ un bouffon à oheval^ auquel Lucrèce avait donné son vêtement de brocart d'or qu'elle portait la veille, et qui valait 300 ducats^ parcourut les rues principales^ en criant : Vive i* illustrissime duchesse de Ferrare! Vive le pape Alexandre! Et les mômes cris étaient répétés par on autre bouffon à pied, lequel avait aussi reçu un habillement... Le dernier dimanche d'octobre, au soir, cinquante prostituées honnêtes, appelées courtisanes^ firent dans le palais apostolique un banquet avec le duc de Valentinois, et^ après le repas... p Le reste ne peut se raconter et être <aru . Nous pensons néanmoins qu'on a trop dénigré Alexandre VI, bien qu'il soit vrai qu'il n'a jamais trouvé un apologiste, pas mémo dans notre époque, où domine la manie des paradoxes.
Tant de dépravation morale au milieu d'un si grand progrès matériel, et alors surtout que la diffusion du savoir perfectionné la faisait vivement sentir ! Celte politique clandestine, cette turpitude aflichée jusque sur la chaire où s'étaient assis tant de saints, les plaintes d'une foule de proscrits^ répandaient l'idée de désastres d'autant plus redoutés qu'ils étaient indéterminés. SavoDorala la fomentait, et, comme il ne voyait, à l'exemple de Salvien, la régénération que dans un grand châtiment, il répétait : « Malheur ! malheur I 6 Italie , û Rome, dit le Seigneur, «je vous abandonnerai à un peuple qui vous effacera du milieu • des peuples. Des gens afTamés comme des lions viennent, et «la mortalité sera si grande que les fossoyeurs parcourront < les rues en criant : Qui a des morts ? et l'un apportera son cpère, Fautre son fils. 0 Rome, je to le répète, fais péni^- «tence; faites pénitence, 6 Milan, 6 Venise (1)... Le Seigneur c dit : Quand j'irai en Italie visiter ses péchés, je visiterai Rome
(1) Sermon XXI. ^