B£FORM£ D^ BEAUX-ARTS
sanctuaire. Sous le beau ciel de Tltalie, dans la ville des beauxartS; combien devait sourire à cette âme enthousiaste la pensée de les régénérer et de replacer la beauté dans le sein de l'Éternel^ dont elle dérive ! « Mais dites-moi un peu en quoi t consiste la beauté? Dans les couleurs? non. La beauté est une « forme qui résulte de la proportion de tous les membres et de « la correspondance des couleurs. Voyez le soleil^ sa beauté est ff d'avoir la lumière; voyez Dieu, son extrême splendeur cons- « titue la beauté même. Les créatures sont d'autant plus belles « qu'elles participent davantage à la beauté de Dieu^ et le corps c est d'autant plus beau que l'âme est plus belle. Prenez deux « femmes également belles de corps, mais l'une sainte et l'autre « pervertie, vous verrez que la»sainte sera plus aimée de chacun « que la pécheresse, et tous les yeux se fixeront sur elle, même les c yeux des hommes charnels. Prenez un homme saint, qui soit « laid de corps, et chacun voudra le voir volontiers; car, bien « que difforme^ sa sainteté se manifeste et répand la grâce sur «son visage (1).»
De l'éloge du beau il passait à la censure de la licence des artistes : « Aristote, qui était païen, dit dans sa Politique qu'on « ne doit pas faire peindre des figures indécentes, à cause des « enfants, parce qu'en les voyant ils deviennent lascifs. Mais que « dirai-je de vous autres^ peintres chrétiens, qui faites ces figu- «res nues? Ceux qui ont dans leurs maisons ces vilaines pein- « tures feraient bien de les brûler et de les détruire : ce serait là « une œuvre qui plairait à Dieu et à la vierge Marie. » S'élevant contre la profanation de la peinture d'église, il s'écriait: «Les tt images de vos dieux sont les images et les ressemblances des « figures que vous faites peindre dans les églises ; puis les jeufl n«s gens vont disant, à la vue de l'une et de Pautre : Celle-ci « e$t la Madeleine^ celle-là est saint Jean, parce que vous fai- < tes peindre dans les églises les figures à la ressemblance de telle ft OQ telle femme. Si vous saviez le scandale qui en résulte, et que «je connais, vous n'agiriez pas ainsi. Croyez-vous que la vierge « Marie fût habillée de cette manière? Je vous dis qu'elle s'ha- « billait comme une femme pauvre, simplement, et qu'elle se « couvrait au point qu'on lui voyait à peine le visage. ÎI en était «•de même d'Elisabeth. Vous ferez très-bien d'effacer ces figu-
(1) Quatrième fête du Uoisième dioianche du carême.