‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 7 sur 169 · BANQUETS · texte numérisé non relu

BANQUETS

avec douze faucons dont le chaperon brillait de perles. Le sixième service se composait de viande de bœuf et de chapons^ avec une iillade et des esturgeons; le septième^ de veau^ de chapons et de tanches, suivis de douze armures pour jouter, de douze laoœs et d'autant de selles dorées; le huitième^ outre les plats d'anguilles y de viande de bœuf hachée et mélangée de fromage et de sucre, avec douze armures de guerre^ riches et complètes. Vinrent ensuite des viandes diverses, des poulets et des poissons à la gelée, avec' douze pièces d'étoffe d'or et douze de soie rouge; puis on apporta des plats de gélatine savoureuse et de grosses lamproies^ avec le présent de deux tonneaux de vin, de six bassins et de pareil nombre de mortiers en argent doré. Le onzième service offrit des chevreaux^ des oisons et des agous, que suivaient six coursiers caparaçonnés et autant de lances^ de targes, de casques d'acier^ dont l'un était garni de perles ma* gnitiques; au douzième^ parurent des lièvres et des chevreuils à U sauce, avec du poisson sucré, accompagnés de six destriers^ d'autant de lances et de chevaux. A la suite, furent introduits de la viande de bœuf et du cerf au jus de limon sucré, des tanches et autres poissons, avec six palefrois richement enharoachés; puis des tanches, des poulets et six destriers pour la joute; enfin des pigeons, des choux, des haricots, des langues salées, des carpes, avec un capuce et un pourpoint doublés d'hermine. Au seizième service, on fournit des lapins» des paons, des anguilles au jus de citron, et, pour le don ordinaire, un vaste bassin d'argent, une ceinture de rubis et de diamants, avec une perle de grand prix et quatre ceintures d'argent doré -y au dix-septième^ des jonchées et des fromages, avec le cadeau de douze bœufs. Après le dessert, où l'on prodigua les vins, cent cinquante che« vaux furent offerts aux barons et aux seigneurs, avec des joyaux et des habits divers. Les bouffons reçurent cent cinquante vête* ments ; enân^ après des joutes nombreuses et de grandes réjouissances, chacun se retira content, d

U serait trop long de raconter les bizarres inventions dont chacun aimait à faire parade dans ces repas. Pafois, au premier coup de couteau donné par le maître d'hôtel^ le coq d'Inde que Ton croyait rôti s'élançait beau et vivant, à la grande surprise des convives; parfois encore on voyait sortii* d'un pâté un nain, qui ravissait d'admiration la belle assembléCé Ces plaisirs se renouvelaient fréquemment, et les chroniqueurs les décrivent avec tant de complaisance, que nous aurions cru les mal interpréter

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