AGRANDISSEMENT DU DUC DE VALEKTINOIS
« et VOUS autres moins encore; il faut donc qu'il songe à se créer ff en Italie un grand État^ rendu fort par lui-même^ et que les tf autres potentats recherchent son amitié. Qu'il aspire à la doc mination de la Toscane, comme étant le plus capable d'en ff faire un royaume avec les autres États qu^il possède y c'est ce c qui ressort soit des choses dites plus haut, soit de son ambi- « tion, soit encore de sa conduite indécise quand il s'est agi de Cl régler l'accord ; du reste, et c'est là une nouvelle preuve^ il c n'a jamais rien voulu conclure avec vous. Je me rappelle avoir a ou! dire au cardinal des Soderini que, parmi les autres quali- « tés qui peuvent mériter le nom de grand homme au pape et au « duc, était celle-ci : ils connaissent l'occasion et savent trèsa bien en profiter. Si l'on agitait la question de savoir si le mo- « ment est opportun pour faire une alliance avec lui, je dirai m non ; mais^ comme le duc ne peut attendre le parti vaincu, « parce qu'il lui reste peu de temps^ vu l'Age avancé du pontife, « il est nécessaire qu'il profite de la première occasion qui s'of- « frira, et qu'il abandonne à la fortune une grande partie de ses « desseins. »
Personne ne se croyait à l'abri de l'ambition du duc de Valentinois, et les voisins menacés sollicitaient le roi Louis XII, qui, en effet, descendit en Italie mal disposé envers les Borgia; mais le cardinal d'Amboise, l'âme de ses conseils, qui aspirait à la tiare et dirigeait la France comme un autre pape, caressait Alexandre pour qu'il multipliftt ses amis dans le sacré collège. Le duc de Yalentinois accourut lui-même à Milan au devant du roi, et se justifia par de si bonnes raisons que Louis renouvela son alliance avec lui, en lui donnant des soldats français. Il rendit aux Florentins les châteaux que Vitellozzo leur avait enlevés; mais la faiblesse montrée par Florence lui inspira le désir d'en I»oflter. Lorsque les condottieri et les seigneurs se réunirent à la Magione, maison de campagne des Baglioni sur le territoire de Pérouse, pour aviser aux moyens de refréner l'ambition de B<H*gia, les Florentins n'osèrent pas se joindre à eux; bien plus, ils firent « offrir par Machiavel au duc de Yalentinois un asile et des secours contre ces nouveaux ennemis de sa personne ». Enfin, d'après les conventions arrêtées, les habitants d'Urbin et de Gamerino se soulèvent, et Ugo de Gardona , lieutenant de Borgia, tombe prisonnier. Le duc de Yalentinois, surpris par une insurrection inattendue, se retire et reste prudemment tranquille pour laisser s'éteindre ce premier enthousiasme qui fait iim. DS8 iiAL. — T. yn. 19