‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 94 sur 169 · AGRANDISSEMENT DU DUC DE VALENTINOIS · texte numérisé non relu

AGRANDISSEMENT DU DUC DE VALENTINOIS

préférer le bien général à l^intérêt privé ; puis, lorsque les jalouàies, l'avarice et la fatigue se furent manifestées, il rompit cette ligue en temporisant, et sacrifia ses adversaires divisés.

Les principaux étaient les Montefeltro, les Varano, les Bentivoglio et les fameux capitaines Paul et Virginio Orsmi, Vitelloïzo Vitelli et Oliverotto Freducci de Fermo. Lorsqu'ils virent le nri de France se réconcilier avec Borgia, ils demandèrent à traiter avec celui-ci, se laissant duper par des promesses, eux toujours parjures, et ils Taidèrent contre d'autres petits tyrans. Les Orsîni, Vitellozzo et Oliverotto se rendirent avec leurs mercenaires soius les murs de Sinigagiia, ville de François de la Rovère. Là le duc de Valentinois les accueille avec des manières d'ami et les conduit dans son palais ; n^ais aussitôt il les arrête et les fait étrangler. Vitellozzo pleurait, en rejetant tous les torts sur ses compagnons ; Oliverotto suppliait son bourreau de sauver du moins son âme par l'absolution papale. Ses bandes furent cernées à Fimproviste et dépouillées; celles de Vitellozzo parvinrent à s'échhppèï^ de vive force.

Le pî^'e raillait lés victimes en disant : Dieu les a châtiés, parce qu'ils se sont fiés au duc de Valentinois après avoir juré qu'ils ne le feraient jamais, A Rome, il arrêta le cardinal Orsiniet se^ parents, avec lesquels il s'était réconcilié naguère, et les tint en prisbn jusqu'à ce qu'ils lui eussent cédé toutes leurs forteresses. 11 exigea même du cardinal la cession de tous ses biens; en lisant sur ses livres de compte le prêt de 2,000 ducats fait à une personne non désignée, et l'achat pour la même somme d'une perle qui ne se retrouvait pas, il déclara qu'il lef priverait d^alimënts jusqu'à ce qu'il le mît en possession de la somme prêtée et de la perle. La mère du cardinal paya la dette, une amie apporta la perle, et le cardinal reçut la nourriture, mais avec elle la mort.

Machiavel raconte ce qui était advenu à la seigneurie de Florence sans un mot de blâme ; bien plus, il lui écrivait : « Id « chacun commence à s'étonner que vos seigneuries n'aient pas tf écrit ou fait dire quelqi^e chose à ce prince pour le féliciter de « ce qu'il a fait dernièrement ; car il pense ique vous lui avex « quelque obligation, en disant qu'il vous en aurait coûté « 3K)0,000 ducats pour vous débarrasser de Vitellozzo et détraire « les Orsini, et que d'ailleurs vous n'auriez pas réussi comme a lui. »

L'épouvante saisit les grands de toutes parts; le peuple, qui détestait les aventuriers, ses assassins, se réjouit de teui* chute,

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