TRAHISONS DE B0R6IA
dans Pespoir d'obtenir la tranquillité. Les soldats passent au service du duc de Valentïnois, qui trouve des apologistes et des panégyristes. Bologne lui promet pour huit ans 12,000 ducats d'or, cent' hommes d'armes et deux cents arbalétriers à cheval; Kse, incapable de résister plus longtemps à Florence , se résout à se donner à lui. Après s^étre emparé de Pérouse et de Siniga- Rlia par des moyens' infâmes, Borgia jette les yeux sur Sienne, et cherche à se débarrasser de Pandolphe Petrucci , Tâme de la ligue ennemie^ et qui avait eu de la peine à échapper au guetapens de Sinigaglia.'
LTmpudence avec laquelle le duc César s'ouvrait à Machiavel
cause plus d'effroi que ses crimes : a Les individfus qui étaient
0 les enneniis communs de tes seigneurs et les miens sdritenpar-
« tie morts , en partie pri^nniers , en partie fugitifs ou assiié-
«gés d'ans leurs 'foyers': parmi ceux-ci se trouve Pandolphe
« Petrucci, qui doit être le' dernier obstacle pour notre entre-
<](Nrise et la sûreté des États communs. Je ne regarde pas com-
« me difficile de l'expulser de Sienne , mais je voudrais l'avoir
« entre mes mains, et, dans ce but, le pape songe à rendormir
i par des brefs, en lui montrant qu'il lui suffit de lui voir pour
• ennemis ses ennemis. En attendant, j'avance avec l'armée; car
« il est bien de tromper ces hommes qui ^ont passés maîtres en
«trahison. Les ambassadeurs de Sienne, qiii sont venus me
« trouver au nom de la baîia, m'ont fait de belles promesses, et
« je les ai assurés que je n'en veux pas à leur liberté, mais que
«mon seul désir eist qu'ils chassent Pandolphe. Ils devraient
ff avoir quelque confiance d'après ce qui s'est passé pour Cas-
«tello et' Pérouse, que j'ai remis à l'Église sans vouloh» les ac-
« cepter. Le maître du logis, qui est le roi de France, ne verrait
V pas de bon œil que je prisse Sienne pour moi, et je ne suis pas
« si téméraire que d'y songer. Cette commune doit donc me
« croire auand je lui dis que je ne veux rien de ce qui lui ap-
« partient, mais seulement chasser Pandolphe. Je mepersuade
« que cette commune de Sienne me croira ; mais si elle ne me
t croît pas, je suis prêt à marcher en avant, à mettre l'artillerie
tf à ses portes, et à faire ru/^tma^t^m de potentia pour le chasser.
a Après avoir enlevé leurs armes à mes ennemis, jejeur enlèverai
« eiico^e Ja cerye\le, qui consiste ^out entière clans Pandolphe et
« ses manèges. Je crois vraiment que, si j 'avais promis, il y a un an,
«àia seigneurie de Florence de faire disparaître VitteUozzo et
c Oliverotto, d'abattre les Orsini , de chasser Jean-Paul et Pan-