‹ Histoire des Italiens (volume 2)Chapitre 96 sur 169 · HORT D'ALEXANDRE VI · texte numérisé non relu

HORT D'ALEXANDRE VI

a dolphe^ au prix d'une obligation de 100,000 ducats^ elle se a serait empressée de la donner. La chose s'étant accomplie si « largement^ sans qu'il ne lui en ait rien coûtée ni argent, ni fa- « tigue, ni charges y je pense , bien que l'obligation ne soit pas a in scriptiSy qu'elle est tacite; il sera donc bien de commencer a par la payer, afin qu'il ne paraisse ni à moi ni à d'autres que Floa rence soit ingrate, contrairement à ses habitudes et à son caaractère. x>

Les Savelli, les Orsini et les Colonna une fois écrasés , les mgneurs de moindre importance tremblaient d'autant plus que les revers de Louis XII laissaient Borgiaplus indépendant et lui donnaient plus de hardiesse pour trafiquer de son alliance; en eiïet, il traita avec Gonsalve de Gordoue. Le pape aurait obtenu pour lui de son consistoire complaisant le titre de roi de Romagne, Marche et Ombrie; César lui-même avait tout disposé pour être en mesure, son père venant à mourir, de rester l'arbitre du ooncave, et de porter au trône pontifical une de ses créatures. Mais l'heure des Borgia avait aussi sonné. On dit, mais sans foo^ nir aucune preuve à l'appui, qu'Alexandre, voulant empoisonner le cardinal de Corneto, lui ofTrit une collation, et que, par er reur, lui et son fils burent duvinqui lui était destiné (i). Lefaitest que le pape mourut inopinément à Page de soixante-douze ans; le duc de Yalentinois fut lui-même très-malade , tandis que les Orsini, isios"' les Colonna, les Appiani, les Vitelli, les Baglioni, profitaient de l'occasion pour s'affranchir de cette puissance et recouvrer leurs domaines. Les haines éclatent, des maisons sont brûlées, des boutiques pillées, les campagnes ravagées. Fabio Orsini se lave les mains et le visage dans le sang d'un Borgia; les Français et les Espagnols, venus sous le prétexte d'assurer la liberté du conclave , se battent dans Rome. Le duc de Yalentinois se relève avec l'aide du cardinal d'Amboise, qui espérait obtenir la tiare par son influence; il s'empare du trésor pontifical, montant à 100,000 ducats, place douze mille hommes dans le Vatican, et se fortifie dans le château Saint- Ange. Mais les longues espé-

(1) Voir dans Muratori les arguments contraires à Topinion vnlgaire. Yoltaîre iDisserL sur la mort de Henri JF) trouve étrange que, tandis que Guiociardui donne de grands détails sur la tentative d^empoisonnement , Burcardo , coUceteur empressé de tous les scandales de son temps, n'en fasse aucune mfiiti*"; cependant le prudent Nardi dit cette « opinion constante des hommes». {Min» de Florence f liv. IT.)

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