LITTÉRATURE, THÉOCRITE
Paul d'Agrigentc dans le Gorgias pour soutenir que l'intérêt personnel est la mesure de tout bien , et vanter la rhétorique , parce qu'elle permet à l'orateur de satisfaire tous ses caprices , d'opprimer ses adversaires , de les faire exiler et tuer.
La poésie pastorale fut créée en Sicile par Stésichore , et, plus tard, perfectionnée par Théocrite ; ses beaux vers semblent renouveler l'illusion des jours fortunés , lorsque l'ile du soleil jouissait de la paix et de la tranquille aisance des champs. Admirable par la facture du vers et l'ingénuité de la phrase , il n'évite pas toujours les arguties et les jeux de mots, délices des siècles de décadence ; mais, parmi les poètes bucoliques, il est le seul qui ait su se faire original sans cesser d'être naturel ; ses bergers sont de véritables bergers, à la différence de ceux de Virgile, de Gesner, de Voss, et plus encore de ceux de Guarini et de Sannazzaro, qui trahissent la fiction en montrant pour leur existence une passion qu'on ne trouve que dans les individus étrangers à la vie des champs. On sent que Théocrite a écrit ses idylles à la splendide cour de Ptolémée et de Bérénice , dont sa muse pastorale ne cesse de vanter les qualités ; par le contraste de la simplicité champêtre, il cherche à rehausser la pompe royale, et, pour agrandir la merveille des fêtes, il en met la description dans ia bouche de gens grossiers et stupides. Le panégyriste de l'ingénuité rurale n'a pas honte de mendier et de dire à ses princes : «Ma muse négligée reste dans la solitude; encouragez-la, pour qu'elle se présente avec une noble confiance. »
Les idylles de Bion de Smyrne et de Moschus de Syracuse, qui ressemblent plutôt à des élégies et à des chants mythologiques, sont moins pastorales et moins ingénieuses.
Les sciences ne brillèrent pas moins en Sicile. Aous avons déjà dit combien de vérités ont été connues et transmises par les Py-
"1 suffit pour me faire accourir à un banquet, et je n'ai pas besoin de signe « pour me présenter où l'on fait des noces. Je commence par dire des facé- «' lies, et je me livre à des jeux pour amuser; je prodigue des louanges à « celui qui met la table , et je traite d'ennemi et j'injurie quiconque le con- « tredit; puis , après avoir bien bu et mieux mangé, je m'en vais. Je n'ai « pas de valet pour m'accompagner dans la rue avec une lanterne , et , seul, " dans les ténèbres , trébuchant à chaque pas , je m'achemine vers mon lo- « gis. Si je tombe au milieu de la ronde, je jure que je n'ai fait aucun mal , " et, cependant, on me roue de coups de bâton. Délivré de tous mes tour- " ments , j'arrive chez moi , je m'étends sur «ne peau , et je ne sens pas la . douleur jusqu'à ce que la force du vin m'accable l'âme et l'esprit. » Lf. mi':me, m, c. 28.
IIIST. DRS ITAI,. — T r. '3