OARTHAGE ET SES COLONIES
mais la Liguiie leur fournissait d'excellents marins. Dans l'Espagne, dont ils exploitèrent les raines avec avantage, ils renouvelèrent les colonies phéniciennes de l'Andalousie et de Cadix.
Le but de Carthage, contrairement a celui de Rome , n'était donc pas de conquérir, mais d'étendre son commerce et ses profits , d'empêcher que la population ne devînt excessive, et de procurer une place aux citoyens qui en manquaient. Mais, comme Venise, a laquelle elle ressemble sur tant de points, elle ne s'assimilait pas ses colons et ses sujets; au contraire, dans la crainte de les voir se rendre indépendants, elle les tenait dans une dure sujétion, affaiblissant les membres au profit de la tète.
Les Etrusques et les Latins empêchèrent les Carthaginois de s'établir en Italie. La Sicile, qui n'en est séparée que par cent milles à peine, excitait d'autant plus leurs désirs que leur domination sur la Méditerranée, l'approvisionnement de leurs flottes , leur commerce d'huile et de vin, étaient subordonnés à sa possession. Magon, qui créa la force et le système militaire de sa patrie, et fut la souche d'une famille illustre par trois générations de capitaines, occupait alors le premier rang à Carthage (1), Magon fonda des colonies en Sicile; mais ces colonies, que les Carthaginois, toujours par la crainte de les voir se révolter, maintenaient dans un état de faiblesse, pouvaient inquiéter les riches et libres colonies grecques, mais non prévaloir sur elles. Lorsque Gélon, roi de Syracuse, eut *»•> défait Amilcar, fils de Gélon, les Carthaginois eurent de la peine à défendre leurs colonies et leurs possessions. J'endant soixante ans, l'histoire de Sicile ne les mentionne plus ; puis, ils reparaissent un peu avant la tyrannie de Denys l'Ancien, pour aider Ségeste contre Sélinonte, et s'emparer d'autres terres. Ce Denys et Agathocie, désireux de réunir toute l'ile sous leur domination, firent la guerre aux Carthaginois, mais ne parvinrent jamais aies expulser complètement ; leur constance, l'inépuisable force de l'or et les troubles perpétuels de Syracuse auraient fini par leur soumettre la Sicile entière, s'ils avaient eu un habile général. Après des succès et des revers, la paix de 383 leur assura un tiers de l'ile.
(Il Asdriibal et Amilcar fils, de Magon, conquirent la Sardaigne, et Asilniliai y mourut après avoir été onze fois général; Amilcar se tua après la défaite que Gélon lui fit éprouver. DWImicar naquirent Ilimilcon, qni lui succéda dans le conmiandernent de l'armée en Sicile , Hannon et Giscon. Asdriihal rut pour fils Annihal, Asdrubal , Saffo, généraux heureux contre les N«tiii'it's o\ \p>i Mauritaniens.