‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 118 sur 319 · LÉGION. ARMES. DISCIPLINE · texte numérisé non relu

LÉGION. ARMES. DISCIPLINE

Rome voyait dans les armes la première source du pouvoir et de la richesse; aussi sa science suprême était celle de la puerre. En temps de paix, elle supprimait la milice, nationaleou étrangère : il était même défendu de porter des armes dans la ville ; mais, dans le danger, le consul et le préteur urbain appelaient tout le monde sous les drapeaux. Les édiles ou les triumvirs plaçaient des criminels, armés du pilum ou de l'épée, aux postes menacés, et les employaient à faire les rondes ; plus tard, les chefs des factions introduisirent des bandes de barbares ou d'esclaves ( i ). Tout citoyen était tenu au service militaire s'il n'avait pas quarantesix ans , ou fait seize campagnes à pied, ou dix à cheval.

La légion, ainsi appelée parce qu'elle se composait d'hommes choisis, varia de nombre selon les époques; de trois mille trois cents sous Romulus, elle fut portée jusqu'à six mille au temps des guerres de Macédoine. Ordinairement chaque consul levait deux légions, et plus, si le besoin l'exigeait. En ordre de bataille, elles se formaient en cinq divisions : dans ]a première, \es princes ou classicl, qui dans la suite composèrent la seconde ; puis les hastaires , les triaires, les roraires et les accensi, armés à la légère. En outre, la légion se divisait en cohortes, manipules et centuries. Plus tard, Marins réorganisa la cohorte, qui comptait trois hommes de front sur dix de profondeur : disposition favorable à la rapidité des manœuvres , et bonne sur tous les terrains.

Les armes étaient le dard, la fronde et le terrible pilum, javelot de sept pieds, et encore plus long pour les triaires; après avoir lancé le pilum avec toute la force du bras, c'est avec le glaive que se décidait la bataille. La lance et le sabre étaient les armes offensives delà cavalerie; les défensives, le casque, la cuirasse et un bouclier léger. L'infanterie était considérée comme la force principale des armées; la cavalerie, bien qu'elle formât un corps séparé , ne servait d'ordinaire qu'à flanquer l'infanterie , et l'infériorité des Romains dans cette arme nuisit à leurs

(1) Nous devons rappeler une convention singulière de Caïus Alimentas, que nous a conservée Aulu-Gelle, xvi, 4. On y lit que, lorsqu'on levait des troupes, les tribuns militaires faisaient jurer aux. soldats de leur compagnie que, ni là où ils seraient campés, ni aux environs à la distance de dix milles, ils ne voleraient , par jour, plus de la valeur d'une monnaie d'argent ; s'ils trouvaient quelque chose d'un prix supérieur, ils devaient l'apporter à leurs chefs. Cependant, ils pouvaient s'approprier une lance, lu bois, le fourrage, les raves, une outre , un sac , une torche.

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