LÉGION. ARMES. DISCIPLINE
entreprises contre les Numides et les Parthes. Les roraires, les frondeurs et les archers engageaient le combat; puis, après avoir épuisé les projectiles , ils se retiraient sur le flanc de la légion ; les hastaires lançaient alors les javelots, et, tandis que l'ennemi cherchait à débarrasser les boucliers où ils s'étaient fixés, ils l'attaquaient avec le glaive. S'ils rencontraient une forte résistance , ils étaient remplacés par les princes, après lesquels venaient les triaires ; de cette manière , l'ennemi , exposé à trois attaques successives , pouvait difficilement résister. Les accensi formaient la réserve.
Outre les vivres , les soldats portaient les pieux pour former la tranchée ; le camp était toujours fortifié d'un terre-plein carré et d'un fossé ; au milieu du camp se dressait la tente prétorienne , autour de laquelle se groupaient celles des officiers et, plus loin, celles des soldats; du centre partaient quatre rues droites, aboutissant auxportes ouvertes sur latranchée. En route, ils marchaient en colonnes; mais si l'on craignait une attaque, l'armée se rangeait en ligne, et les bagages étaient placés au centre. Le soldat romain, avec tout son bagage, du poids de soixante livres, faisait vingt ou vingt quatre milles en cinq heures. On lui épargnait le brusque passage de l'inaction à la fatigue , qui fait périr tant de nos soldats , et dans les exercices il se servait d'armes qui pesaient deux fois plus que celles des batailles. Même en temps de paix, on employait les soldats à des travaux continuels, surtout à ouvrir des routes. Scaurus, ramenant son armée des Gaules, lui fit creuser des canaux dans les territoires de Parme et de Plaisance, pour obvier aux inondations du Pô.
Les statuts militaires étaient très-rigoureux ; la loi Porcia exemptait le citoyen de la bastonnade, mais non le soldat. Celui qui avait jeté ses armes, déserté son poste, ou combattu sans l'ordre des chefs, était condamné par un jugement public; mais, si le général le touchait de sa baguette, il pouvait fuir. Malheur à lui, cependant, s'il se laissait surprendre dans le camp! tout soldat avait ordre de le tuer. Si un corps avait montré de la lâcheté, le général le décimait; un homme sur dix, pris au hasard, subissait un supplice infamant; aux autres, l'exil et la honte.
L'esprit militaire animait toute chose. Du sénat sortaient les généraux comme les ambassadeurs; il fallait avoir fait dix campagnes pour arriver aux fonctions supérieures de la république : aussi l'habileté politique dirigeait toutes les guerres, et