‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 121 sur 319 · Les Gaulois , manœuvrant avec habileté , s'avancèrent à · texte numérisé non relu

Les Gaulois , manœuvrant avec habileté , s'avancèrent à

travers les armées ennemies , jusqu'à Arrétium et Chiusi , où ils défirent six mille Romains; ils n'étaient qu'à trois journées de Rome, lorsque, dans une bataille sanglante, près du cap de Télamon dans la maremme toscane , ils furent mis en déroute ; le consul Régulus y périt, mais quarante mille Gaulois restèrent sur le champ de bataille, outre dix mille prisonniers.

Les nouveaux consuls, profitant de la victoire, envahirent la Cispadane; puis, l'année suivante , favorisés par les Cénomans, ils traversèrent le Pô vers l'embouchure de l'Adda. Les Gaulois, à leur tour, réduits aux moyens extrêmes, tirèrent de leurs tem-

^^*' pies les immobiles , drapeaux relevés d'or fin, pour lesquels ils avaient la même vénération que les musulmans pour l'étendard de Mahomet ; ils vinrent en masse se ranger autour de ces bannières. Mais ils furent encore vaincus, près de Clastidium, par

223. Marcellus, qui prit Milan et le reste de l'Insubrie depuis Ariminum jusqu'au Tésin , leva de grosses contributions, confisqua une grande partie du territoire, et put offrir à Jupiter Férétrien les dépouilles opimes de Virdumar, leur chef.

Rome célébra son triomphe avec une grande solennité ; pour mieux le sanctifier, elle fit égorger un à un tous les prisonniers

(1) De ces nombres , donnés par Polybe, ii , 23, 69, se rapproclient beaucoup Fabius Pictor (dans Paul Orose, iv, 15), Diodore de Sicile (frag. 3, du liv. XXV ) et Pline (Nat. hist., m, 24). On voit que l'Italie ne s'étendait que jusqu'au Rubicon etàLuni, au quarante-quatrième degré de latitude; les Vénètes et les Cénomans, bien entendu, sont exceptés de cette circonscripr tion.

{")) TiTE-Li\E, III, 3. Au contraire de Durando {Mém. delV Academia di Toruio, tom. IV, p. ci 7 , 1 si 1 ), et de Dureau de la Mallo ( Mém. de. r Académie française , tom. X, 1833), c'est à cause de cette faible population que nous admettons un Irès-giand nombre d'esclaves. Durando ne donne à la Gaule Cisalpine , à cette époque, que 4 millions d'Iiabitants , et autant au reste de l'Italie.

l'insubrie vaincue. 233

de cette race qu'elle appelait barbare; elle établit sur le Pô les colonies de Plaisance et de Crémone. « Nous avons , disait- (f elle dans un langage superbe, dompté les Insubres, assuré la « domination des deux mers qui nous séparent de l'Espagne et « de la Grèce, occupé l'Istrie et l'Illyrie, soumis à notre pouvoir « tant de peuples en Italie , que nous pouvons armer huit cent « mille horfimes. »

Et cependant, bientôt elle devait se voir réduite à disputer à un ennemi opiniâtre jusqu'à la terre qui entourait sa capitale.

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