CHAPITRE XIÏI
Seconde guerre pinique. Annibal. Soumission de la gaule cisalpine et de TOUTE l'itauë.
Il était évident que la paix des iles Egades n'était qu'une armistice pendant lequel Rome préparerait de nouvelles forces , afin d'enlever à sa rivale, après l'honneur et l'influence politique, l'indépendance et les richesses. Dans la guerre antérieure, qui fut meurtrière, Rome avait perdu des citoyens et Carthage des mercenaires ; mais Rome, par l'adoption de nouveaux enfants, remplaçait le sang répandu, tandis qu'à Carthage, en temps de paix, les soldats devenaient ennemis. Déjà, pendant la guerre , les mercenaires avaient occasionné de graves désordres; sous Agrigente, trois ou quatre mille Gaulois furent massacrés par l'ordre des généraux, et d'autres transportés dans une ile déserte où on les abandonna. Après la conclusion de la paix , il fut question de congédier les mercenaires ; mais les Carthaginois reculèrent devant la somme énorme qu'il fallait payer. Les mercenaires se dirigent alors contre la ville, et tous, avec la même audace, quoique dans des langues diverses, réclament leur solde. Prétextant la pénurie du trésor, Carthage 238. demande un rabais; mais les soldats, qui ont sous les yeux les richesses du peuple le plus commerçant, et qui savent combien il leur sera facile de l'emporter sur des industriels, lui répondent par un soulèvement. Soixante mille hommes des villes africaines se joignent aux vingt mille mercenaires, et forment le siège de Carthage. C'est dans des circonstances aussi critiques que les hommes d'action reprennent la supériorité.