‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 124 sur 319 · ON I BAL EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

ON I BAL EN ESPAGNE

Stratagèmes, il était le meilleur fantassin et le meilleur cavalier; confondu avec les autres dans les marches, le campement et la mêlée, il se faisait remarquer par les vêtements et le cheval les plus, apparents. Infatigable, le premier au combat, le dernier dans la retraite, il était sans pitié , sans foi , sans respect pour les choses saintes et les serments.

Les villes d'Empuries, de Rhodes, de Sagonte, fondées par des Grecs en Espagne, se virent exposées à l'ambition punique; elles s'adressèrent à Rome, qui déjà étendait sa politique au delà des Alpes. Jalouse de voir sa rivale s'agrandir dans cette péninsule, Rome s'interposa donc et convint avec les Carthaginois que l'Èbre formerait la hmite de leurs possessions; Sagonte, ville d'origine gréco-italique, devait rester indépendante au milieu des deux puissances (i). Annibal, qui voulait rompre avec les Romains au mépris des traités, assiégea Sagonte, dont les habitants, désespérant du salut de la patrie et ne voulant pas lui survivre, se précipitèrent dans les flammes. Rome délibérait encore pour savoir si elle secourrait cette ville, lorsqu'elle apprit sa ruine. Les ambassadeurs qu'elle envoya auprès d' Annibal pour se plaindre de sa conduite ne purent rien obtenir ; ils se rendirent alors à Carthage et demandèrent qu'on leur livrât Annibal, violateur du droit public. Le sénat répondit qu'il ne le pourrait pas, quand même il le voudrait, et il disait vrai; mais Fabius Maximus Verrucosus , relevant un pan de sa toge : « Je porte ici la paix ou la guerre , choisissez ! — Choisissez vous-même , s'écriat-on de toutes parts. — Eh bien , la guerre ! » et il laissa retomber sa toge.

Ainsi fut déclarée cette guerre que Tite-Live appelle bellum maxime memorabile omnium , et que la postérité compte au nombre des plus meurtrières, après tant d'autres dans lesquelles la race humaine s'est abreuvée de sang. Rome allait se trouver en présence d'une armée qui depuis vingt-trois ans combattait les Espagnols, peuple très-redoutable dans les difficiles rencontres de montagne , et cette armée était commandée par un général du premier mérite. Dans cette guerre de passion, on eut recours à tous les moyens de la force et de l'intrigue; la fortune fut inconstante, et la victoire coûteuse. Rome leva des forces considérables sur son propre territoire, parmi les alliés, et fit des supplications aux dieux. Les Espagnols,

(I) PoLïBE, m, 6; TiTE-LiVE, x\t, 2, 7.

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