‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 130 sur 319 · SITUATION D'ANNIBAL ET PES ROMAINS · texte numérisé non relu

SITUATION D'ANNIBAL ET PES ROMAINS

vainqueur des Gaulois, et à la courageuse prudence de Fabius Maximus, l'un appelé l'ëpée, l'autre le bouclier de Rome.

Annibal ne restait pas oisif à Capoue; il excitait contre les Italiotes, les Sardes, le nouveau roi de Syracuse, PbilippelII roi de Macédoine ; mais il déclinait à mesure que Rome se relevait. Marcellus put le vaincre à Noie, et ramener ainsi la confiance dans l'armée romaine. Philippe de Macédoine, qui venait pour combattre l'Italie, fut défait à Apollouie par le préteur Lsevinus; il se rembarqua bientôt pour aller se défendre contre les ennepiis que Rome lui suscitait dans son propre royaume.

Marcellus fut cbar<ié de punir Syracuse, tyrannisée par Hiéronyme, l'imbécile et corrompu neveu de Hiérou, dont le règne dura peu, car le peuple s'affranchit en l'assassinant. Des troubles violents suivirent sa mort : les démagogues déclamaient con- 21'.. tre Rome au nom de l'indépendance; Appius Claudius par terre, Marcellus par mer, l'assiégèrent pendant trois ans. Ce fut en vain que le grand mathématicien Archimède consacra tout son génie à la défense de sa patrie: Marcellus prit Syracuse, qu'il livra au pillage et aux flammes. On y trouva plus de richesses que plus tarda Carthage, et Rome s'embellit de ses statues et de ses colonnes. Les Syracusains, auxquels il semblait dur d'être châtiés pour la perfidie de leurs tyrans, demandaient qu'on leur rendit au moins les dépouilles, et Manlius Torquatus disait : Si a Hiéron ressuscitait, lui notre ami si fidèle, que dirait-il en voyant « sa ville détruite et Rome ornée de ses dépouilles? » Le sénat répondit aux réclamations de Syracuse qu'il regrettait ses malheurs,mais que Marcellus avait agi selon le droit de la guerre, et toute la Sicile fut réduite à la malheureuse condition de province. 212,

Ainsi la destinée de l'Italie sejouait sur la mer, en Espagne, en Sicile, en Grèce ; enfin Rome réunit une grande partie de ses forces contre Capoue. Annibal, qui avait parcouru l'Italie et s'était même rapproché de Rome, déploya toutes ses ressources pour sauver la ville, mais en vain. Les Gapouans, après avoir perdu toute espérance, préparèrent un banquet voluptueux, où les grands personnages, après avoir savouré tous les plaisirs, firent circuler la coupe empoisonnée qui devait les soustraire à la vengeance des Romains ; d'autres se retirèrent dans leurs maisons , et plusieurs continuèrent à boire jusqu'à ce qu'ils tombassent morts l'un après l'autre. Capoue fut traitée sans pitié : on lui enleva ses ornements et ses magistrats; beaucoup d'habitants furent vendus comme esclaves, et leurs terres confisquées. D'autres, conduits à Rome, furent ac-

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