‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 131 sur 319 · PRISE DE CAPOUE · texte numérisé non relu

PRISE DE CAPOUE

cusés d'incendie; mis à la torture, ils firent des aveux, et subirent la mort.

Après une retraite admirable, Annibal, chargé de butin, s'était réfugié dans la Daunie et la Lucanie, tout près du détroit; mais le sort deCapoue avait abattu le courage de ses amis et relevé celui de ses ennemis. Il ne pouvait compter que sur l'armée de son frère Asdrubal, qui était retenu par la guerre, aussi vive qu'obscure, que faisaienten Espagne Publius et Cnéius Cornélius Scipion. Avec l'appui des peuples insurgés, les deux frères avaient tué quinze mille ennemis, remporté plusieurs victoires et recouvré Sagonte; mais, battus ensuite, ils périrent l'un et l'autre. Cet événement produisit à Rome une telle impression que personne n'osait demander le commandement de l'Espagne; enfin Publius Cornélius Scipion, âgé de vingt-quatre ans, s'offrit pour venger son oncle et son père. Ce jeune homme, qui devait un jour obtenir le surnom d'Africain, avait, à dix-sept ans, sauvé la vie de son père à la batailleduTésin, puis dissuadé les jeunes nobles d'abandonner Rome après la déroute de Cannes ; il adoucissait l'héroïsme des vieux patriciens par l'amabilité de l'éducation grecque; il était avecles nobles, mais il caressait la plèbe, afin de la gagner; aux dévots, il faisait croire qu'il était né miraculeusement et qu'il avait des communications avec lesdieux ; avec les débauchés, il se livrait <à tous les plaisirs ; selon l'occurrence, il savait se servir et se moquer des lois, de la religion, des traités; c'était un de ces hommes dont la popularité et l'exemple peuvent occasionner la ruinedesciteslibres.il ranima le couragedes légions; puis, sur l'ordre qu'il disait avoir reçu de Neptune, il alla, à travers de grands 210. obstacles, attaquer Carthagène, arsenal et grenier de l'ennemi. La loi commandait aux Romains, lorsqu'ils entraient dansune ville, de tuer tout, hommes, animaux utiles, les chiens même; il en fit l'application à Carthagène ( Polybp ) . Les otages des Espagnols qu'il y trouva, il les renvoya chez eux avec courtoisie, et respecta les femmes, ce qui lui valut la reconnaissance des indigènes. Cependant il ne put empêcher Asdrubal de conduire une armée en Italie, après une marche rapide à travers les Pyrénées et les Alpes. Nouveau danger pour Rome, qui, malgré ses victoires dans l'Italie méridionale , où Tarente même avait succombé sous ses armes, se sentait épuisée par tant de sacrifices : le territoire des trente-cinq tribus qui l'entouraient était ruiné ;rÉtrurie menaçait de se soulever; beaucoup de colonies latines, fatiguées de toutes les charges qu'elles supportaient, donnaient le scandale de refuser

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