M^ IL TASSE EN AFUIQUE. SOPHONISBE
tantes sur ([iiatre généraux et quatre armées lui valurent d'être nommé consul avant l'âge. « On ne pourra finir la guerre d'Italie qu'en débarquant en Afrique; » telle fut sa pensée , et dans ce but il lit alliance avec Syphax, roi de Numidie; mais les vieux généraux de Rome, entre autres Fabius Maximus, soit envie ou prudence, le contrariaient, et c'est à grand'peine qu'il obtint trente galères (1). L'ardeur des Italiens, impatients démettre un termeaux perpétuelles dévastations des bandes d'Annibal, suppléa à la mauvaise volonté des sénateurs, lorsqu'ils perdirent l'espoir d'être affranchis par leur concours. Les Étrusques, détrompés, tirèl'ent de leurs arsenaux les armes et tout l'attirail de guerre, riche débris de leur grandeur ; PopUlonie fournit le fer ; Tarquinies, les toiles; Chiusi, Pérouse, Ruzelles, le bois de sapin; Arrétium trente mille boucliers, casques, javelots, cinquante mille lances longues, et tout ce qu'il fallait en haches, faisceaux, vases d'eau, petites meules. Ainsi, tandis qu'il feignait d'être plongé dans la mollesse et les plaisirs, Scipion préparait un armement considérable en Sicile, et débarquait en Afrique.
Chose étonnante, Carthage n'avait rien fait pour s'opposer à sa traversée ; elle s'était contentée de gagner à sa cause le roi Syphax,grâceauxinstigationsdelafdled'AsdrubalGiscon,labelle Sophonisbe, qui se servait de ses attraits pour susciter des ennemis aux Romains. Scipion attaque ce roi, le dépouille de l'autorité, et rétablit sur le trône de Numidie Massinissa, queSyphax en avait chassé. Doué de cette vieillesse robuste qu'on trouve souvent dans les militaires, Massinissa, à quatre-vingts ans passés, restait à cheval tout un jour; poussé parle désir de la vengeance, il contribua beaucoup à la victoire de Scipion, s'emparadeSyphax^ et lui enleva Sophonisbe, qu'il épousa. Syphax, qui l'aimait, furieux de l'avoir perdue, disait à Scipion: « Malheur aux Romains là où « cette femme se trouve ; comme elle a fait de moi un de vos en- « uerais, de même elle tournera Massinissa contre vous. » Sur ces paroles, Scipion la fait demander au roi numide, qui, n'osant pas la refuser et ne voulant pas la céder, présente à Sophonisbe une coupe empoisonnée. « Merci du cadeau de noces, » s'écrie cette femme intrépide, et elle but. Massinissa montra son cadavre aux 20". Romains qui étaient venus la réclamer, et Scipion mit sur la tête du vieillard le diadème acheté par l'assassinat d'une femme.
■'0 Appien dit même di\ , fournies par des contributions volontaires : xp^l" [).a.XQi. oùy ïowzav tiXyiv d xi; ^f^lcXe tw Sxintovi xarà çiWav aujjiiplpsiv.