‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 138 sur 319 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Lks Romains d\ns la Grèce et l'Orient. — Les triomphes.

Dans la guerre d'Annibal, le pays avait été ravagé ; mais Rome s'assura la domination sur l'Italie entière, sur les mers, sur des provinces florissantes. Dans l'intérieur, le sénat acquérait la prépondérance que les corps politiques obtiennent toujours en temps

ÉCOLES PHILOSOfHlOlES GRBGQrJiS. 381

de guerre, et, par la guerre, il voulait la conserver; or, comme toîite l'Italie était soumise, il tourna ses regards vers l'Orient.

Nous avons déjà parlé des transformations que cette partie du monde avait subies par les conquêtes d'Alexandre et par les discordes successives de ses généraux et de ses successeurs , qui fondèrent plusieurs royaumes dans les pays lointains ; mais il sufflt à notre histoire de rappeler ceux d'Egypte, de Syrie, de Macédoine.

En Egypte, ils formèrent la dynastie des Ptolémées Lagus. Ces rois, greffant la civilisation grecque sur celle d'Egypte, firent revivre dans Alexandrie une partie des connaissances qui, après le plus grand éclat, s'étaient éclipsées dans l'Orient etdans la Grèce. Ils réunirent dans le fameux Musée les livres et les savants ; ceuxci s'appliquèrent surtout à ces travaux d'érudition que l'homme recherche lorsque le génie de créer a cessé. Le commerce continuait à fleurir dans cette ville, si bien située entre l'Afrique, l'Asie et l'Europe.

Le royaume de Syrie comprenait les pays que les anciens avaient appelés Mésopotamie, Médie, Bactriane, Assyrie, et une grande partie de l'Asie Mineure ; ainsi, d'Antioche sur l'Oronte, les Seleucides, directement ou indirectement, commandaient sur tous les peuples compris entre TEuphrate, l'Indus et l'Oxus, depuis la mer Egée jusqu'aux rives de l'Indus. A côté d'eux s'élevaient comme rivaux d'autres princes et d'autres peuples, autrefois vassaux de laPerse^ c'est-à-dire les rois delà Géorgie, delà Cappadoce, de l'Arménie, du Pont, de la Bithynie, de Pergame dans la Mysie ; l'ile de Rhodes, riche par sou commerce; les républiques d'Héraclée,deSinope, Byzance, et d'autres petits peuples, tantôt libres, tantôt entraînés dans l'orbite de voisins plus puissants.

La Macédoine, qui avait cessé d'être la tète du vaste empire d'Alexandre, constitua un royaume distinct, qui acquit de l'importance par le rôle qu'il joua dans les destinées du pays le plus éclairé du monde, la Grèce.

Cette immense lumière des lettres et des beaux- arts, qui font de la Grèce le modèle éternel de la perfection classique, s'était éclipsée avec la liberté, dès que le génie cessa d'être inspiré par la vie publique, par les grands intérêts de la nation, parles luttes intrépides contre les envahisseurs de la patrie. S'il est une époque qui prouve jusqu'à l'évidence que la faveur des princes ne saurait suffire pour faire éclore le génie, c'est celle des Ptolémées. Ils invitaient à leur cour quiconque avait du mérite ; les Séleucides et

Page 1