‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 139 sur 319 · ÉCOLES PHILOSOPHIQUES GRECQUES · texte numérisé non relu

ÉCOLES PHILOSOPHIQUES GRECQUES

les rois de Pergame leur disputaient à prix d'or les livres, les tableaux, les savants ; les Ptolémées défendirent l'exportation de la feuille du papyrus, comme si elle suffisait à peine à leurs besoins ; les rois de Pergame y substituèrent une peau qui, de leur nom, prit celui At parchemin, et sur ces feuilles ils firent copier cent mille volumes pour leur bibliothèque. Cependant, de tant de connaissances, de toute cette protection , il ne sortit que des œuvres médiocres, des exercices d'école, des raffinements d'érudition, d'ingénieux artifices, mais rien qui portât le cachet du génie et de la spontanéité. La faculté de créer étant éteinte et l'inspiration remplacée parla mémoire, ces lettrés s'enfermèrent dans la subtile analyse des œuvres déjà faites, dans les préceptes des œuvres à faire ; ils indiquèrent tous les défauts à éviter, mais n'atteignirent pas aux beautés qui seules donnent la vie au travail ; ils surent justifier par les exemples et l'autorité tout passage donné, mais non se faire pardonner à force de génie les heureux écarts de l'imagination.

L'Egypte, l'Inde, peut-être encore la Perse et la Babylonie, cultivèrent la philosophie; mais c'est dans la Grèce seulement qu'elle eut de véritables écoles , avec cette évolution régulière de connaissances qui constitue la science. De Pythagore et de Socrate étaient sorties les deux sectes fondamentales : les platoniciens ou académiciens, qui , regardant les idées comme innées, faisaient éternelles la justice et la bonté; les aristotéliques ou péripapéticiens, qui tiraient des sens toutes les notions et répudiaient tout ce qui n'était pas donné par l'expérience.

Mais la philosophie avait perdu son empire depuis que la force avait tout réduit à la théorie des faits accomplis. Dans cette triste situation, le penseur, qui se voit impuissant en présence de brutales réalités , est conduit à demander à la philosophie ( la religion, dans le vrai sensdu mot, n'existait pas alors) des motifs pour se résigner aux maux actuels, ou pour y devenir indifférent. Trois chemins le mènent à ce but : il peut considérer le plaisir comme le seul bien, la douleur comme l'unique mal , et, par suite, se procurer les sensations agréables, éviter les autres, jouir jusqu'à la satiété et satisfaire prudemment aux goûts des égoïstes; telle fut la doctrine des épicuriens, diverse dans les applications, mais qui aboutissait toujours au bien-être individuel, à l'éloignement des affaires publiques et de tout ce qui peut troubler la tranquillité.

Par reaction contre les épicuriens, d'aulres regardent comme

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