‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 143 sur 319 · EXPÉDITION CONTRE ANTIOCHUS LE GRAND · texte numérisé non relu

EXPÉDITION CONTRE ANTIOCHUS LE GRAND

dans chaque ville deux partis, l'un favorable aux Romains, l'autre contraire. Comme Carthage, la Grèce dut livrer sa flotte; Rome se proposait de rester maîtresse des mers sans avoir trop de navires, et de se conserver la puissance terrestre. Après avoir rompu les ligues, abattu les forts, semé partout des germes de discorde , Flamininus alla jouir à Rome d'un fastueux triomphe de trois jours ; il y porta des trophées, des statues de bronze et de marbre, des vases d'un travail merveilleux, dépouilles de Philippe, et cent quatorze couronnes d'or données par les villes affranchies. Le jour où le songe flatteur s'évanouit est bien triste pour les nations! La Grèce s'aperçut bientôt qu'au lieu d'être affranchie, elle n'avait faitqu'échanger la servitude macédonienne contre l'esclavage romain; elle disait : « On nous a ôté les fers des pieds pour nous les mettre au cou. »

LesEtoliens, naturellement inquiets, prirent ombrage en voyant que Rome différait à retirer ses troupes de toutes les parties de la Grèce qu'elle avait délivrées, et tentèrent de s'emparer de Sparte, de Chalcis et de Démétriade; c'était au moment où les Boïes et les Insubres résistaient encore aux Romains au milieu des Alpes , et que les Espagnols s'insurgeaient. laï.

Peut-être ces feux étaient allumés ou du moins attisés par Annibal , qui , attentif à communiquer à tous sa haine contre Rome, cherchait à former une ligue entre Carthage , Antiochus de Syrie et la Macédoine , à laquelle se seraient joints les petits États , désabusés des promesses romaines et persuadés que la liberté ne se donne pas, mais se prend. L'indomptable aventurier pensait obtenir d'Antiochus une nouvelle armée pour retourner en Italie ,• dans ce but , il envoya à Carthage, sous prétexte de négocier, un Tyrien qui communiqua verbalement aux amis d'Annibal ce qu'il ne convenait pas de mettre par écrit : mais cet agent , ayant été découvert , fut obligé de s'enfuir, et les timides Carthaginois renouvelèrent leurs protestations de soumission à leurs orgueilleux vainqueurs.

Antiochus était mécontent des Romains, qui traversaient ses prétentions sur l'Egypte et les villes grecques de l'Asie Mineure; il trouvait étrange qu'ils se constituassent les patrons de la liberté des Grecs d'Asie, eux qui tenaient dans la servitude les Grecs d'ItaUe et de Sicile. 11 avait donc soutenu Philippe de Macédoine , et maintenant Annibal l'excitait à assaillir les Romains par terre', tandis que lui les attaquerait sur mer. Heureusement pour Rome, Antiochus se défiait d'Annibal, soit qu'il fût

Page 1