‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 146 sur 319 · PEUSÉE. TROISIÈME GUERRE AVEC LA MACÉDOINE · texte numérisé non relu

PEUSÉE. TROISIÈME GUERRE AVEC LA MACÉDOINE

fidèle à Rome , et tenté d'empoisonner les principaux citoyens delà république. Au lieu de descendre à une justification et de livrer les personnes que Rome lui demandait , Persée lui repro- '"'• cha l'orgueilleuse domination qu'elle faisait peser sur les républiques, répudia l'alliance paternelle", et accepta la guerre avant que Rome y fût bien préparée.

Mais, à la première apparition de l'armée conduite parle consul Publius Licinius Crassus , Persée , s'apercevant qu'il avait peu à espérer des villes déchirées par les factions, fit des propositions de paix ; Rome se montra disposée à les accueillir, et, par une trêve trompeuse, gagna du temps pour se procurer des amis, des sujets , des otages. Aussitôt qu'elle fut prête , elle chassa honteusement les émissaires de Persée ; cependant , lorsque la bataille s'engagea près du mont Ossa, il fit essuyer aux Romains la plus terrible défaite qu'ils eussent éprouvée depuis quarante ans. Si, poursuivant sa victoire, il avait assailli le camp romain avec la phalange, peut-être aurait-il terminé la guerre; d'autant plus que les Grecs secouaient leurs chaînes de toutes parts, et que la démocratie patriotique l'emportait sur la servile aristocratie. Mais Persée se bornait à de petits avantages, et bien qu'il combattit depuis plusieurs années avec succès , il se tenait sur la défensive , presque toujours funeste dans les cas suprêmes. Ainsi, après avoir laissé échapper l'occasion , il demanda plusieurs fois la paix au consul dans un langage suppliant qui le déshonorait lui-même et décourageait ses amis. Pendant la paix^ il intriguait et préparait des armes ; les Romains , résolus d'en finir , assemblèrent cent mille hommes, dont ils confièrent le commandement à Paul Emile.

Paul Emile était fils du consul qui périt glorieusement à la bataille de Cannes ; il avait fait son éducation militaire dans la terrible guerre d'Espagne et de Ligurie, et conservait à soixante ans toute la vigueur de la jeunesse. Mais, comme il était nourri dans l'orgueil de l'ancienne aristocratie , le peuple , auquel il était odieux , lui avait refusé le consulat et depuis longtemps le laissait dans la solitude privée, où il veillait à l'éducation de ses enfants. Lorsqu'il fut élu consul , il dit en public : « .Te comprends que la nécessité seule vous a déterminés. Que le peuple donc ne se mêle point de la manière dont je ferai la guerre ; que les soldats aient la main prompte, les glaives aiguisés. Du reste, ni bavardages, ni avis; tout me regarde, moi seul. » Avec cent raille hommes, parmi lesquels il établit une discipline

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