‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 147 sur 319 · DÉFAITE DE PERSÉE · texte numérisé non relu

DÉFAITE DE PERSÉE

rigoureuse , il se mit en marche et traversa les gorges difficiles du mont Olympe; mais, àla bataille de Pydna, la puissante phalange macédonienne était sur le point de mettre en déroute les légions romaines, lorsqu'une éclipse atterra les soldats de Persée et parut annoncer la fin du royaume d'Alexandre. Paul Emile et les aigles romaines triomphèrent. Le peuple romain étant rassemblé dans le cirque , le consul Caius Licinius Crassus montra les lettres couronnées de laurier , et proclama cette nouvelle : « L'ennemi est vaincu ; vingt mille Macédoniens , sur quarante raille ont péri en combattant ; onze mille ont été environnés et pris; toutes les villes ouvrent leurs portes à nos légions .■

La Macédoine , à son dernier jour, ne s'était pas montrée indigne d'elle-même; mais ce royaume qui ne s'appuyait que sur l'armée périt avec l'armée et fut soumis en deux jours. Persée, quoique blessé, s'était jeté sans cuirasse au milieu de la phalange , démentant ainsi le reproche de lâcheté que les historiens de Rome lui ont adressé. Avec son trésor, qui l'acompagnait partout, il se réfugia dans le temple des Cabires de Samothrace, très- vénéré à cause des anciennes religions pélasges, et de là fit demander la paix au consul; mais, abandonné des siens et dépouillé de son trésor par un rusé Cretois qui feignait de favoriser sa fuite , il dut se rendre sans conditions. Son vainqueur le reçut au milieu des officiers avec toute la solennité latine, lui reprocha le passé, lui prit ensuite la main et finit par l'assurer de la clémence romaine ; puis, se tournant vers ses officiers : - N'oubliez pas , leur dit-il , cet insigne « exemple de la mobile fortune, et qu'il vous apprenne que le « vrai courage consiste non à s'enorgueillir dans la prospérité , " mais à ne pas se laisser abattre par les revers. "

Lorsqu'on eut célébré par des jeux splendides la constitution donnée à la Macédoine , brûlé les armes qui ne pouvaient servir au triomphe, égorgé le petit nombre de ceux qui restaient fidèles à Persée ou témoignaient de leur zèle pour l'indépendance, soixantedix villes de l'Epire , qui avaient passé des Romains aux Macédoniens, furent dépouillées de leurs trésors et abandonnées au '^• glaive des soldats, qui tuèrent ou vendirent cent cinquante mille individus. Le vertueux Paul Emile, après avoir voyagé pour admirer les villes grecques et les merveilles de la nature et de l'art, retourna comblé de gloire en Italie, amenant comme otages tous ceux qui , sous le roi , avaient rempli des offices ou des magistratures , et, comme prisonniers, Persée et sa famille. Lors-

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