‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 150 sur 319 · PSEUDO-PHILIPPE · texte numérisé non relu

PSEUDO-PHILIPPE

on lui révéla qu'il était né d'une concubine de Persée. Alors il essaya de se faire des partisans; naais, ayant échoué, il se retira auprès de Démétrius Soter, qui eut la lâcheté de le livrer aux Romains. Le pseudo-Philippe, comme on l'appelait, inspirait si peu de crainte qu'on le surveillait à peine; il putdonc s'échapper, se réfugia dans la Thrace , visita les chefs , leur exposant leurs droits, les indignités des Romains , et combien une insurrection serait facile. A son appel, les Thraces se soulèvent. Andriscus a une cour, une armée , quelques places fortes ; bientôt toute la Macédoine , convaincue ou non de ses droits , mais désireuse d'amener une perturbation,, se donne à ce rejeton de ses anciens rois , qui , sachant que le meilleur moyen de se défendre est d'attaquer, envahit les provinces voisines. Rome n'avait pas d'armée de ce côté; elle savait en outre que Carthage avait envoyé des ambassadeurs à Andriscus, pour s'en faire un allié dans la guerre qu'elle voyait imminente; il était même à craindre que la Grèce ne saisît l'occasion de venger ses affronts : mais celle-ci s'empressa d'envoyer des protestations et des garantiesde son dévouement envers ses tyrans. Scipion Nasica, homme affable et juste, servit mieuxsa patrie par sa conduite conciliante qu'il ne l'eût fait par les armes; il parcourut les villes de la ligue achéenne, fit droit aux réclamations, et les maintint dans la fidélité; puis, de quelques troupes fournies par chacune, il forma une armée. Les Romains essuyèrent plus d'une défaite ; mais Andriscus, livré une seconde fois, finit par orner leurs triomphes.

D'autres prétendus fils de Persée tentèrent de faire valoir leurs i^"droits par la force ; mais ils furent tous vaincus. Enfin , le préteur Cécilius Métellus soumit entièrement la Macédoine, où il établit un gourverneraent d'une sévérité arbitraire. Parmi les magistrats, Décius Julius Silauus se distingua par ses iniquités; les Macédoniens portèrent plainte contre lui , et son père, Titus Manlius Torquatus, obtint de le juger dans sa maison, suivant l'antique usage patricien ; les parties entendues , et son fils convaincu, il le condamne à ne plus paraître devant lui. Silanus trouva la sentence si déshonorante qu'il se pendit. Manlius ne ferma point sa maison et refusa de prendre le deuil , déclarant que celui qui avait perdu la vertu n'appartenait plus à sa famille. L'équité romaine dut être portée aux nues , et l'on continua d'opprimer la Macédoine comme par le passé.

Les commotions de la Macédoine avaient paru à la ligue achéenne une occasion favorable pour secouer le joug; mais,

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