CATON LE CENSEUR
autres ouvrages. II abonde en formules magiques et en observations superstitieuses. A l'exemple des pythagoriciens, il considère le chou comme une panacée , défend de rien donner par la main des femmes aux animaux malades, règle selon le nombre ternaire les ingrédients des remèdes pour les génisses, et prétend guérir les luxations au moyen de formules magiques (i). 11 vante beaucoup rhomme qui augmente par des acquisitions les biens qu'il a reçus de ses pères (2). 11 se peint lui-même dans le Carmen de moribus, où il dit : « Il pourrait être avantageux de s'enrichir par le " négoce, si cette voie était moins périlleuse, ou de prêter à « usure, si ce moyen était honnête. Mais telle est l'opinion de nos << aïeux sur ce point , qu'ils condamnent le voleur à restituer le « double, et l'usurier , le quadruple , ce qui montre qu'ils jugent '< l'usurier pire que le voleur. Voulaient-ils faire d'un citoyen le « plus grand éloge possible , ils l'appelaient bon laboureur et « sage fermier. Le marchand s'épuise à gagner de l'argent, et " son état l'expose à toutes sortes de périls et de calamités. L'a- « griculture, au contraire, produit des hommes robustes et d'excel- « lents soldats; elle oflre donc les avantages les plus honnêtes, « les plus sûrs , et qui n'excitent l'envie de personne ; ceux qui « s'y adonnent n'ont pas le temps de penser au mal. »
EtCaton est le modèle de l'antique austérité, le fléau de la dépravation qui envahit Rome; son nom même, de nos jours , rappelle un homme sans tache. Valérius Fiaccus, qui admirait son austérité, le fit venir à Rome, où, appuyé par les Fabius, il devint tribun, questeur, consul, puis censeur avec son ancien patron. Envoyé en Espagne comme préteur, il congédia les fournisseurs de vivres, en disant que la guerre se nourrirait elle-même ; en trois cents jours, il prit quatre cents villes ou villages, et les fit tous démanteler à la même heure, Il rapporta dans le trésor une somme immense; mais, au moment de s'embarquer, il vendit son propre cheval de bataille, pour épargner au fisc les frais du transport.
(1) Luxum si quod est, hac cantione sanumfiet. Harundinem prende ... incipe cantare intnalo : S. F. motas vxta daries dardaries astutar ies , die una paries usqiie dum coeant...; vet hoc modo : Huât hanat huatista pistas ista domiabo domnaustra et luxato...; vel hoc modo : H liât huât huatista sis tar sis ardanuabon domnaustra {S. F. veut dire Sanctos fracta). De Re kust., cliaj).
(2) 0ay[xai7TÔv âv5pa y.al 6îÏov eitteiv lxô).[xy)'jï itpà; 36?av, ô; àîtoXeÎTtsi TtXéov ÈvToïç /.ôfoi; 0 upoisOoxsv o-j uapï),a<5=v. (PuTUtotE, chap. 21.)
li).