‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 177 sur 319 · CONSTITUTION ROMAINE. CENSURE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION ROMAINE. CENSURE

envers le patron, l'excessive dureté ou l'indulgence avec les enfants, les traitements rigoureux infligés sans nécessité aux escla* ves, l'abandon des parents, l'ivrognerie, la négligence des devoirs religieux ou des funérailles, la séduction de la jeunesse; elle atteignait encore le tuteur infidèle , celui qui manquait de parole, le célibataire sans motif valable, le concubinage, l'exposition des enfants légitimes, l'homme qui ne respectait pas la décence et la salubrité publique (1).

On censurait le plébéien qui , d'agriculteur, se faisait artisan ou marchand ; le cultivateur qui laissait dépérir sa vigne , ou ne travaillait pas sa terre aussi bien que ses voisins, it^milius Lépidus fut noté pour avoir loué une maison 6,000 sesterces, et bâti une maison de campagne trop grande. On exclut du sénat Lucius Antonius,pour avoir répudié sa femme sans recourir aux conseils de ses amis (2) ; Cornélius Rufmus, aïeul deSylla, fut dégradé parce qu'on lui trouva plus de dix livres d'argent en vaisselle. Les censeurs Domitius Ahénobarbus et Licinius Crassus firent fermer les écoles où les rhéteurs enseignaient à parler avec une impudence inconnue aux grands orateurs. Ce même Ahénobarbus intenta un procès à son collègue, orateur fameux, pour avoir aimé passionnément une murène, au point de l'orner de joyaux, de la pleurer après sa mort et de l'honorer d'un monument; mais Crassus éluda l'accusation en la tournant en plaisanterie : « Je suis trop loin, je l'avoue, de la force d'âme de Domitius, qui n'a pas même versé une larmeà la mort de ses trois femmes. " La loi entourait de précautions les sénateurs pour les faire respecter; ils ne devaient pas s'appauvrir, ni s'enrichir par les fermages, ni prêter au delà de 400 livres, ni se faire gladiateurs, ni épouser des danseuses, ni briguer; à celui qui pouvait en convaincre un de crime, on promettait le rang enlevé au coupable.

Dans les jugements censoriaux, il ne suffisait pas, comme on le faisait pour les autres, de produire des témoins de bonne conduite ; il fallait encore des justifications directes. Si la condamnation résultait de la conviction individuelle, une autre censeur pouvait la casser ; du reste, les nouveaux censeurs avaient le droit d'abolir toutes les condamnations.

Dans les colonies et les municipes, d'autres censeurs se livraient au même travail, dont ils transmettaient le résultat à l'oflice de

(1) Denïs , Excerpta, 64, dans lY-dition de Mai.

(2) ValèreMax.,!!, 92, VIII, 1; Vellécus Pater., il, 10,

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