‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 179 sur 319 · CONSULS · texte numérisé non relu

CONSULS

choisis parmi les nobles ou les plébéiens. Ils présidaient les assemblées du peuple et du sénat, recueillaientles votes, veillaient à l'exécution des décrets; ils introduisaient les ambassadeurs étrangers, choisissaient les soldats parmi les citoyens et les alliés, nommaient les tribuns des légions, surveillaient les cérémonies religieuses et les finances. Bien qu'ils pussent rarement administrer la justice en personne, ils n'en étaient pas moins considérés comme les gardiens suprêmes des lois, de l'équité, de la discipline; on leur soumettait en dernière instance beaucoup de causes qui sortaient des tribunaux ordinaires. Le sénat pouvait proroger leur commandement des armées , leur donner ou leur refuser les sommes nécessaires; le peuple devait les suivre à la guerre, contrôler leurs dépenses et revoir les traités qu'ils avaient conclus avec l'ennemi : ils étaient donc obligés de se faire les amis de l'un et de l'autre. Ils recevaient des hommages qu'on ne souffrirait pas aujourd'hui; il fallait s'écarter de leur passage , à leur apparition , descendre de cheval ou se lever, si l'on était assis; sinon, les verges des licteurs faisaient leur office. Acilius brisa la chaise curule d'un préteur qui ne s'était point levé en sa présence.

Aux faisceaux qui les accompagnaient, on enleva la hache pour signifier qu'ils n'avaient pas le droit de verser le sang; ils la remettaient lorsqu'ils se trouvaient à un mille de Rome, recouvrant alors le pouvoir illimité qui convient à un chef d'armée. Leur puissance était absolue en temps de guerre, ou bien lorsque, dans les graves périls, le sénat leur confiait l'autorité dictatoriale pour sauver la patrie. Néanmoins , tant qu'on ne sortit pas d'Italie, les consuls, même àla tête de l'armée, étaient soumisau vote des tribuns, àla surveillance conliiuielle du sénat, qui pouvait leur refuser les vivres ou les rappeler; mais, lorsqu'on traversa les mers, dit Polybe, ils furent tout : préteurs, censeurs, édiles, peuple et sénat. Ils traitaient avec les vaincus, imposaient des tributs et des lois, levaient des soldats ; ils régnaient enfin, et faisaient l'apprentissage du pouvoir indépendant, qui est un attrait et un péril.

Les anciens rois avaient présidé les grandes assemblées et le sénat, commandé les armées, administré la justice; les consuls jouirent des mêmes prérogatives. Lorsque cette grande magistrature fut accessible aux plébéiens, les nobles essayèrent de l'amoindrir en nommant des préteurs, choisis parmi les patriciens, pour rendre la justice. Inutiles efforts : six lustres n'étaient pas encore écoulés qu'un plébéien obtenait la préture. Les préleurs remplaçaient le consul absent, ou dans toute autre lirconstance ;

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