HOSPITALITÉ
Rome elle-même, quelquefois, traitait de l'hospitalité avec des particuliers ou des peuples; situation mal délinie, qui laissait aux favorisés l'indépendance, mais affaiblie. Camille, après avoir occupé Véies, envoie une coupe d'or au dieu de Delphes ; mais le navire est pris par les Lipariotes, corsaires fameux. Timasithée, l'un d'eux, par respect pour Rome et la divinité , persuade à ses compagnons de restituer l'objet volé , et le sénat, pour le récompenser, le gratifie de présents et du droit d'hospitalité. Un siècle et demi après, les Romains font la conquête de Liparis; mais ils laissent la liberté aux descendants de Timosithée et les exemptent de tribut (1).
Habitués à l'uniformité, nous comprenons difficilement tous ces degrés de dépendance; mais le chef-d'œuvre de la politique romaine, c'est l'assimilation des vaincus. Jusqu'alors les peuples s'étaient entourés de barrières jalouses, excluant tous les autres des privilèges que conférait le droit de cité ; les vaincus restaient donc esclaves ou plèbe ex lege. Un conquérant, parfois, réunissait plusieurs communes sous un sceptre de fer; mais, loin de se fondre , elles ne tardaient pas à rompre le faisceau , ne conservant que la haine et l'effroi du dominateur.
Chez les Italiens primitifs, nous avons trouvé les constitutions toutes communales, un pays hostile à l'autre et repoussant les étrangers ; cependant ils formaient des confédérations qui favorissaient la communauté des droits divers. Mais Rome, procédant avec plus de résolution, les agrège. Dans le principe, elle se peuple en donnant asile à tous les étrangers qui acceptent ses conditions ; elle contraint ou décide à transférer leurs pénates au milieu des siens, tantôt les Albains vaincus, tantôt les Sabins vainqueurs. Les tribus, les populations, les races acquièrent le droit de cité romaine; puis on crée des citoyens dans d'autres pays, et
en Afrique, ont gravé leur traité d'iiospitalité avec Caïus Aulustius Macrinus, fils de Caïus, de la tribu Galeria , préfet des ouvriers , choisissant pour défenseurs lui et sa postérité.
CIVITAS GVRZENSIS EX AFRICA HOSPITIVM FAXIT CVM G. AVFVS TIO C. F. CAL. MACRINO PRAEF FABR. EVMQVE LIBEROS POSTE ROSQVE EIVS SIBI LIBERIS POSTERIQE SVIS PATRO NVM COOPTARViNT, etC.
(1) Tirii-LiVE, V, 28.