FINANCES
une légère rétribution pour les bestiaux. Dans les ports et sur les frontières, on percevait undroitsur les marchandises qui entraient et sortaient; Rome et l'Italie n'en furent exemptées qu'en 694 par une loi de Métellus Népos; dans les ports de Sicile, ce droit montait au vingtième (l ). Sur l'achat ou la vente des esclaves, le fisc prélevait un vingtième, versé dans une caisse spéciale pour les nécessités les plus urgentes. Vers la fin de la première guerre punique, le censeur Livius, d'où lui vint son nom de Salinator, monopolisa le sel pour empêcher les particuliers de le mettre à un prix excessif. Enfin on exigeait une imposition des mineurs, surtout de ceux qui exploitaient les riches mines de l'Espagne. Joignons-y les amendes imposées par les magistrats , et dont le produit était déposé dans le temple de Cérès.
Et cependant, sous la dictature de Sylla, les recettes s'élevaient à peine à 40 millions de francs; en effet, outre les contributions et les produits consommés en nature , on laissait à la charge de chaque pays une infinité de dépenses , comme le pratiquent aujourd'hui les Anglais et les États-Unis d'Amérique. Dans les moments de détresse, on avait recours aux emprunts; quelquefois même on altérait les monnaies, comme dans la première guerre punique où leur poids fut réduit d'un cinquième sans qu'elles perdissent rien de leur valeur ; dans la seconde, ou apaisa les créanciers au moyen d'une double opération , qui fit perdre la moitié à ceux de l'État, un cinquième à ceux des particuliers , et l'on émit des billets du trésor. Les guerres finies, on se libérait avec le butin et les contributions des vaincus, qui restaient épuisés au point de ne pouvoir relever la tête, tandis que Rome y trouvait les moyens d'entreprendre de nouvelles guerres et de se procurer de nouveaux profits.
Toute la science financière des Romains se résumait dans la conquête ; elle ignorait comment la richesse se crée, se consomme, s'échange et se répand. Cicéron, dans le traité de la République , examinant le principe et la meilleure forme de gouvernement, ainsi que les éléments essentiels de la vie des peuples, parle de la famille, de l'éducation publique, de la justice, de la religion ; mais à l'économie, il touche à peine par incident (2).
(1) Cicéron, in Verrem, ii, 75.
(2) Dans les notes du discours pour Fontéius trouvé au Vatican , iVielmhr prouve que les Romains tenaient les livres en partie double , môme pour les comptes des questeurs; ce n'est donc pas une invention des Lombards ; il croit qu'ils se servaient des lettres de change, opération exprimée par le verbe