‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 19 sur 319 · VILLES ET COLONIES ÉTRUSQUES · texte numérisé non relu

VILLES ET COLONIES ÉTRUSQUES

encore pour avoir fondé Pise et Mantoue. Cœré, que les Pélasges nommaient Agylla , fut leur métropole religieuse; elle avait à Delphes son trésor, indice sinon de dérivation, du moins de parenté hellénique. Ses traditions rappelaient un tyrah cruel , Mézence, symbole de l'oppression étrusque sur ces pays. Peutêtre les Voisques et les Rutules furent-ils soumis à leur domination. Leur nom s'est conservé dans Tusculum et le mont Cœlius, un des sept de Rome, qui , peut-être, n'était que la forteresse la plus méridionale de la confédération étrusque.

Les Étrusques parurent un moment devoir régner sur toute l'Italie; mais, vaincus par Hiéron de Syracuse, ils furent contraints de limiter à l'Etrurie leur empire, resserré chaque jour par la réaction des Ligures, des Gaulois, des Samnites, jusqu'à ce qu'il fut détruit par les Romains.

Il nous est resté peu de vestiges de leur étonnante civilisation, partie grecque ou asiatique, partie originale, mais qui subit l'influence de l'aborigène et de la pélasgique. Néanmoins , celui qui, de ses progrès, voudrait conclure à la haute antiquité des Étrusques , montrerait qu'il oublie que la civilisation , dans toutes les histoires que nous connaissons , apparaît toujours comme un don, c'est-à-dire comme une importation du dehors, ou comme une révélation du ciel ; il n'en fut pas autrement chez les Étrusques.

Tous les peuples sentent le besoin de savoir d'où ils viennent et comment le monde a commencé. Dieu le révéla dès le principe; mais sa parole devint obscure parmi les nations, et c'est de sa mauvaise interprétation que dérivèrent tant de fausses religions et de capricieuses cosmogonies. Mais souvent une classe plus savante ou plus morale conservait une plus grande somme de ces vérités , et les communiquait, dans les cérémonies des mystères, à un petit nombre d'initiés; quant au vulgaire, plus disposé à croire et à adorer que capable de comprendre et de savoir, on lui présentait ces vérités sous des formes symboliques ou matérielles qui le tenaient dans l'erreur et sous la dépendance des prêtres. De là , cette grande variété de cultes , établis sur la concordance des principaux dogmes, et la signification de rites qui , à première vue , ne paraissent qu'ab- .siirdités. Nous sommes loin d'admirer ces religions, comme ont fait tant d'autres; car, si l'on regarde au fond de n'importe laquelle, on aperçoit toujours le culte de la nature, soit dans l'ensemble, soit dans les parties, confondant l'idée de la divi-

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