‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 193 sur 319 · NATURE DES POSSESSIONS · texte numérisé non relu

NATURE DES POSSESSIONS

sur tous les expédients, au moyeu desquels les nôtres cherchent à procurer la meilleure distribution de la richesse nationale , à déterminer les rapports du maître à l'ouvrier, la mesure des salaires, le profit des capitaux, l'influence du prix des subsistances sur la valeur des objets, les règles de l'impôt et de sa répartition sur les différents revenus.

Pour se faire une idée juste des lois agraires, il faut bien comprendre la nature de la propriété chez les anciens, et spécialement chez les Romains. L'indépendance personnelle résultait de la possession stable; le droit de cité, de la possession sur le territoire uuspicatus^ correspondant à ce qu'on appellerait aujourd'hui le territoire légal. Dans le principe, les patriciens seuls l'avaient possédé; les tribuns, peu à peu, y firent participer la plèbe ellemême. Mais, quoique la possession, de religieuse, puis d'aristocratique, fût enfin devenue individuelle et privée, l'idée de propriété nationale se conserva toujours, au moins comme fiction ; ainsi Gaïus, jurisconsulte de l'âge des Antonins, disait encore qu'elle appartenait à l'Etat, et que l'homme n'en avait que la possession et l'usufruit (l). Les prêtres d'abord, puis les agrimen- .sûresetle magistrat consacraient par des solennités la transmission des possessions, dont l'État laissait la jouissance aux particuliers, mais qu'il pouvait reprendre en vertu du terrible droit de proscription ou par la confiscation, lorsqu'un membre était effacé du rôle des citoyens ; c'est pourquoi la limite était sacrée, et sacré, au moins par autorité publique, l'office deVagrime7isor (2).

Le territoire primitif de Rome qui s'étendait à peine à huit kilomètres au-delà de la ville, fut distribué à chaque chef de famille en portions si minimes, qu'un seul esclave suffisait a Quintius Cincinnatus pour cultiver son lot de quatre arpents. lien était demènfiedans les autres villes qui couronnaient les hauteurs du Latium , parmi les Saranites et les Sabins, et chez les autres peuples établis au pied de l'Apennin, qui employaient comme esclaves les indigènes subjugués, ce que les Etrusques avaient fait

(1) In solo provinciale dominium populi romani est tel Ceesaris; nos nuteiii possessionem tantum et usii/ractum huhere videbimur. Liv. ii, 57.

i'2) Stefano Ciccolini, en 1854, a iait iinpriiner à Rome un travail sur les Agrimensori pressa i Romani anfichi, qui renferme, avec les notes, tout ce que les Latins nous ont transmis relativement à cet art. Les limites portaient souvent des inscriptions, et la suivante est remarquable :

QVISQVIS HOC SVSTVLERIT AVT VSSERIT, VLTIMVS SVORVM MOKIATVR.

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