LES ESCLAVES. GUERRES CIVILES
Si la justice n'est pas une loi éternelle, mais le résultat do pactes sociaux et de décrets,elle ne peut concerner que les parlies contractantes. L'étranger sera donc un ennemi, et chacun pourra le tuer à son gré ; on égorgera les vaincus, à moins qu'on ne trouve plus utile de les conserver {servi) pour ses besoins et pour faire tout ce qu'il plaira au vainqueur. Ainsi s'établissait logiquement la plus grande des iniquités, le cancer des sociétés antiques.
Les esclaves, comme dans toute l'Asie, l'Egypte et la Grèce, abondaient à Rome. Conformément à la justice dont nous venons déparier, Denysd'JHalicarnasse, à propos de Serviusïullius, trouve que les Romains se procuraient des esclaves par des moyens trèslégitimes (1). En effet, dit-il, ils les achetaient à l'encan, ou les recevaient avec le butin, ou les généraux leur amenaient ceux qu'ils avaient pris dans les guerres, ou bien ils les achetaient des individus qui les avaient acquis par les voies précédentes. Outre les esclaves fournis par la guerre, il y en avait qui s'étaient vendus eux-mêmes par vice; les créanciers ou la loi {servi pœnœ) en produisaient quelques-uns ; d'autres étaient nés dans la maison {rernœ) ; cnlm les enfants recueillis dans les expositions, si fréquentes alors, puisque le père pouvait refuser de relever de terre le fils qui venait de naître, formaient une nouvelle catégorie d'esclaves. Après l'extension de ses conquêtes, Rome i-eçut comme esclaves, surtout de la Grande Grèce et de la Sicile, des personnages nobles et des savants. Dans les guerres avec Carthage, rillyrie et les Gaules, leur nombre devint très-considérable. On se souciait peu d'en faire naître dans les maisons, parce qu'on les croyait moins robustes; du reste, il aurait fallu donner à la mère
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