‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 205 sur 319 · LES ESCLAVES · texte numérisé non relu

LES ESCLAVES

« nité en vertu de la loi Aquilia (l). » Nouvelle contradiction de cette sagesse légale, qui comprenait dans le droit de nature les animaux, tandis qu'elle refusait la personnalité aux esclaves.

Les esclaves étaient conduits sur le marché par des pirates ou des spéculateurs, qui les disposaient dans une baraque {catasfa) à plusieurs compartiments semblables à des cages, nus, les mains liées, avec un écriteau sur le front qui portait leurs bonnes et mauvaises qualités (2). On tenait les esclaves de choix dans des galeries intérieures. Les étrangers, dont on ne pouvait pas garantir la docilité, avaient les pieds et les mains attachés, et lej^Héussur la tête. L'acheteur s'adressait en ces termes au marchand : «J'ai be- « soin d'un esclave pour le moulin ou le pressoir, d'un secrétaire « pour le bureau, d'une femme pour le lit, d'un chien pour la porte, « d'un pédagogue pour mon fils «.Puis il regardait, palpait, examinait la force et l'intelligence. Levendeur était obligé de déclarer les maladies et les défauts de resclave,s'il était querelleur, s'il avait l'habitude de fuir ou de vagabonder. Plus tard on établit un tarif d'après l'âge et la profession : soixante sous d'or pour un médecin, cinquante pour un scribe, trente pour un eunuque au-dessous de

(1) Gaius, Inst. m, 2tO, 212, 213. Voir aussi Heyne : E quibus terris mancipia in Grêecorum et Romanorum fora adducta fuerint. A cause de la conformité de nos sentiments, nous aimons à citer ses paroles : Desinamus aliquando laudibus extollere virlutem romanam, omnis terrarmn orbis vastatricem , et in generis humant calamitatem adultam et auclam. Quid enivi P unius populi victoris tantx ut essent opes, alia post aliam provincia viris opibusque fuit exhausta!

PicNORius, Dp, servis et eorum apud veteres ministeriis ; Pomx , De servorum operibus, suppl. ad Grœvii Thés., vol. m. — Jugler, Sur le trafic des esclaves chez les ancietïs ; Guillaume de Laon, Sur Vémancipa- <»oH,nedonnentautreciiose que des recueils de textes. Reitemeier, Gesch. und Zustand der Sklavereileidenschaft in Griechenland , et Blair, An inquiry into the stale of slavery amongst the Romans , ont plus d'ordre et d'étendue , bien qu'ils se limitent à deux nations. P. Saint-Paul , Sur la constitution de V esclavage en Occident pendant les derniers siècles de l'ère païenne, et Walton, Histoire de l'esclavage dans l'antiquité, sont récents ; ils ne s'accordent pas sur le nombre des esclaves, Dureau de la Malle, Économie politique des Romains, prétend que, dans le sixième siècle de Rome , il y avait en Italie vingt-deux esclaves pour vingt-sept liommes libres.

Blair met, dans le principe, un esclave pour un homme libre, et, dans le septième siècle, trois esclaves pour un homme libre; mais le problème est insoluble avec les données que nous possédons.

(2) Impediti pedes, vinctx mamis , inscripti vulfus. Pline, Nat.Msf., VII. 4.

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