VARIÉTÉ KES ESCLAVES
dissimulait les défauts de ceux qu'on destinait à de honteuses voluptés, et à l'aide de quelles herbes on retardait les signes de la puberté (l).
Un esclave robuste rapportait à son maître environ vingt-cinq centimes par jour ; il recevait par mois vingt litres de blé et vingtcinq d'une sortede piquette, faite avec du vinaigre, de l'eau douce et de l'eau de mer corrompue, suivant larecettedeCaton.On préférait le travail des esclaves, parce qu'ils n'étaient pas, comme les hommes libres, interrompus fréquemment par leservice militaire.
« Calvisius Sabinus, très-riche et des plus paresseux que j'aie « jamais connus, raconte Sénèque, avait une mémoire si mau- « vaise qu'il oubliait tantôt le nom d'Ulysse, tantôt ceux d'Ace chille et de Priam; jamais personne n'estropia comme lui les « noms des Grecs et des Troyens. Voulant néanmoins passer « pour lettré, voici ce qu'il imagina; il acheta deux esclaves, « un qui sût Homère par cœur, l'autre Hésiode, et neuf autres qui « connussent les neuf poètes lyriques. Ils lui coûtèrent fort cher, « parce que, n'en trouvant pas d'occasion, il fallut les façonner « tout exprès. Lorsqu'il fut entouré de ce cortège, il se mit à « railler ses commensaux; il avait à ses pieds les esclaves qui « lui soufflaient les vers quand il en avait besoin, et qu'il jetait « à tout propos à la tête de ses convives, mais en les estropiant M le plus souvent. Satellius Quadratus, plaisant renommé, s'en « moqua : — Et pourtant, lui dit Calvisius, ils m'ont coûté cent « mille sesterces. — Vous auriez payé moins cher autant de « bibliothèques, répondit Satellius. Calvisius se vantait de savoir (( tout ce que ses esclaves savaient. Le même Satellius lui pro- « posa un jour de lutter avec lui; mais Calvisius objecta sa pâ- « leur et sa faiblesse; — Eh quoi\ répliqua l'autre, n'avez vous (I pas une bande d'esclaves robustes ? »
(1) l'LiNE, XVI, 18; XXI, 26; Qlintiliiî^, Insl. u, 16; Sénèque, Ep. 47. — Gori, Descriptio columbarii, ei les écrivains déjà cités Pignorius et Popma, éimmèrent avec des noms particuliers au moins vingt-trois espèces de sei- \ antes et plus de trente espèces d'esclaves.
Après la bataille de Cannes, Annibal demandait 450 livres pour la rançon de chaipie prisonnier chevalier, 260 pour le légionnaire, 90 pour l'esclave ; mais le prix des chevaliers devait même ôtrc intérieur à celui d'un esclave, [niisqne le sénat se loue d'avoir adieté de préférence des esclaves , quoique plus chers. Dans le sixième siècle de Rome , une esclave robuste ou une belle esclave se payait 20 mines, soit environ 1,800 fr. Caton évalue à l,.'jOO draclunes on 1,300 fr. un bon esclave des champs. Les prix d'alfection étaient excessifs.