‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 209 sur 319 · TRAITEMENTS DES ESCLAVES · texte numérisé non relu

TRAITEMENTS DES ESCLAVES

cf liier? et cependant, aucun ne l'a dénoncé, ni arrêté. Des in- « nocents vont périr, dites-vous? mais, lorsqu'une armée, pour « avoir manqué de courage, est décimée, les braves ne courentcf ils pas la même chance que les lâches ? Dans tout grand exemple, « il y a quelque chose d'injuste; mais l'iniquité commise envers u quelques hommes, est compensée par l'utilité que tous en re- « tirent (l). » Grâce à ce raisonnement, la dignité de la loi fut sauvée, et l'on conduisit ces malheureux au supplice entre une double haie de soldats et au milieu des vociférations du peuple qui maudissait la légalité.

Constantin le Grand nous révèle d'autres horreurs ; guidé par les nouvelles lumières de la religion de l'avenir, il défendit de pendre les esclaves, de les précipiter d'un lieu élevé, de les empoisonner et de les brûler à petit feu, de les faire mourir de faim, ou de laisser pourrir leurs restes après avoir mis leurs corps en lambeaux (2),

Les femmes esclaves étaient obligées de se prostituer à la brutalité de leurs maîtres ou à leurs compagnons de servitude, ou de chercher dans les lupanars un lucre dont les maîtres profitaient. L'austère Caton avait établi une taxe pour les faveurs de ses femmes esclaves: jeunes, on les livrait aux fureurs erotiques des convives ; vieilles , on insultait à leur opprobre en traçant des mots obscènes sur leur sein flétri. En outre, elles devaient supporter les caprices de leurs maîtresses ; nues jusqu'à la ceinture, elles se tenaient près d'elles pendant leur toilette, dont chacune avait à soigner un détail particulier. Armée d'une longue aiguille , la dame romaine les piquait aux bras ou au sein à la moindre négligence, ou lorsque tout leur art ne pouvait corriger les défauts de la nature ou rajeunir sa beauté.

Cette monotonesérie de souffrances n'était interrompue qu'une fois par an, aux orgies des Saturnales; les esclaves recouvraient alors uoe liberté momentanée, comme si l'on eût voulu , par ce contraste , leur faire sentir plus durement les rigueurs de leur régime habituel.

Ces malheureux, cependant, placés en dehors de la loi civile et humaine par les institutions , les préjugés et la coutume , étaient la partie la plus active des nations antiques, et pourvoyaient aux besoins de tous. Les écrivains et les hommes d'Etat s'accor-

(1) Tacite, Ann. viv, 42,

(2) Code Théod., ix, 12.

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