RELIGION
pendant dix ans au plus; \a. familière, une seule famille, et servait pour la vie entière. Le lieu où elle tombait, restait sacré.
La doctrine secrète se distinguait de la doctrine vulgaire. S'il faut en croire Passari (1), la doctrine secrète admettait un seul Dieu, une révélation, l'homme formé de limon, déchu d'un meilleur état; les bons, après la mort, se transformant en dieux; les péchés légers s'expiant dans cette vie et dans l'autre; aux fautes graves, des peines éternelles.
Dans le peu de documents qui nous restent, nous trouvons la religion des Etrusques grave et mélancolique , comme celle d'un peuple auquel on a fixé d'avance le nombre de siècles que lui et le monde dureront.
Dieu créa l'univers en six mille ans; dans le premier mille, le ciel et la terre; dans le second, le firmament; dans le troisième, les eaux; dans le quatrième, le soleil et la lune; dans le cinquième, les âmes des oiseaux, des reptiles, des autres êtres qui vivent dans l'air, sur la terre et dans l'eau ; dans le sixième , l'homme, dont la race durera autant que la création (2), c'est-àdire cinq mille ans.
Dans la religion vulgaire , les dieux suprêmes étaient Tina ou Jupiter, Cupra ou Junon, et Minerve, à chacun desquels on consacrait un temple dans toute ville fédérée, où trois portes rappelaient cette trinité (3). Le génie Jovialis , père du mira-
(1) Plct. Etr. in vasis, vol. ii, p. 11.
(2)Goes, dans les Gromatïques ou Arpenteurs, pag. 258, rapporte ce Fragme niîim Vegoiœ Arrunti Voltumno: — Scias mare ex xtlicre remotum. Ciim aulem Jupiter terram Hetrurix sibi vindicavit, constilult jussitque metiri campos , signarique agros ; sciens hominum avarifiani vel terrenavi cupicUnem, terminis omnia scita esse volait, quod quandoque ob avaritiam prope novisshni {octavi) sœculi datas sibi homines malo dolo violabunt , contingentque atque movebiint. Sed qui contigeritmoveritqne,possessio7iempromovendosuam,alteriusminuendo, ob hoc scelus damuabitur a dits. Si servi faciant , dominio mutabuntur in deterius. Sed si conscientia domestica fiet , cclerius domus extirpabitur, gensqiie ejus oinnis interiet : motorcs autem pessimis morbis et vulneribus o/ficientur, mcmbrisque suis debditabuntur. Tune etiam terra a tempestatibus vel turbinibus plerumque laie niovchitur ; fructus sxpelsedenlur deciitienturque imbrïbus atque grundinc, canicuiis interient, robiginc occidentur ; vuiltx disscnsïones in populo fient. Hsec scitote, cum talia scelern comniiltuntzir : proplerea neque fallax neque bilinguis sis, discipHnam pane in corde tuo.
(3) AuNOBE , m, ^iO;MiELLm, Etrtisqucs , ii, 87; f;i';uii.\i;D, Mémolresur le Panthéon étrusque, lu à racadi'taic «le Ceriiu, avril 18»,".,