‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 212 sur 319 · GUERRE SERVILE · texte numérisé non relu

GUERRE SERVILE

répée. Eunus , qui manquait du courage indispensable à un chef d'insurgés , s'enfuit avec 600 hommes, qui , sur le point d'être atteints , se tuèrent les uns les autres; pris dans une grotte où il s'était réfugié avec son cuisinier , son panetier, sou baigneur et son bouffon, Eunus fut jeté dans les prisonsde Morgantina, où il mourut rongé de vermine. Rupilius pacifia la Sicile, on peut deviner par quels moyens.

Des tumultes partiels se produisaient de temps à autre en Italie , d'autant plus dangereux que les Cimbres avaient passé les Alpes , et rappelaient Brennusde terrible mémoire. A Nocéra, trente esclaves s'insurgèrent et furent punis ; à Capoue , deux cents eurent le même sort. Titus Minutius Yétius, chevalier romain et fils d'un père très-riche, s'éprit d'une esclave qui appartenait à un autre; ne pouvant vivre sans elle, il acheta ses faveurs au prix convenu de sept talents attiques. A l'écliéance , n'ayant pas l'argent nécessaire pour dégager sa promesse, il demande un délai de trente jours; le second terme arrive , et Titus n'est pas encore en mesure de satisfaire sou créancier ; emporté par la violence de son amour, il a recours à des moyens extrêmes. Il se procure à crédit 500 armures qu'il fait transporter à la campagne , soulève 400 esclaves , se met à leur tête et ceint la couronne; il maltraite ses créanciers, envahit la ville , enrôlant quiconque se présentait , tuant ceux qui refusaient et donnant asile aux esclaves fugitifs. Le sénat prit de promptes mesures, et Lucius Lucullus, après une énergique résistance , vainquit Minutius , qui se donna la mort ; ses complices furent tués, à l'exception d'Apollonius qui les avait trahis. 104, Lorsque Marins s'apprêtait à combattre les Cimbres, il avait

obtenu du sénat l'autorisation de faire venir des secours des provinces d'outre-mer ; à cet effet , il s'était adressé à Nicomède II, roi de Bithynie ; mais ce prince lui répondit qu'il était hors d'état d'en fournir, attendu que le plus grand nombre de ses sujets avaient été enlevés par les exacteurs et vendus comme esclaves. Alors un décret du sénat défendit de réduire en esclavage, dans les provinces , tout individu de condition hbre appartenant à une nation alliée de Rome; en conséquence, les proconsuls et les préteurs reçurent l'ordre de rendre la liberté à tous ceux qui l'avaient perdue.

En vertu de cet édit, Licinius ]Nerva, préteur de la Sicile, en affranchit 800 en peu de jours. A cette nouvelle, l'espérance et la passion de la liberté se réveillent chez tous les autres; les

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