ALLIÉS ITALIENS
lentins , où le promontoire Japygien , couronné par la citadelle de Léma, est battu par les flots ioniens. A. l'occident, sur le golfe qui décrit une courbe à partir du cap Japygien jusqu'à la pointe Lacinienue, s'élevait, au milieu de villes de moindre importance, la dorique Tarente. Parmi les cités intérieures, il faut mentionner la vaste Ganusie sur l'Aufido; Cannes, près de Vergelles; Vénusie, qui avait appartenu aux Hirpins, une des mieux fortifiées par les Romains , qui de là contenaient l'Italie méridionale. Dans laLucanie^ sur la mer Tyrrhénienne, on voyait Pœstum encore florissante , et partout ces colonies grecques dont nous avons esquissé l'histoire. Le Bruttium , dans la pointe qui s'allonge vers la Sicile, présentait Scylla fortifiée contre les pirates étrusques , et Golumna , ainsi appelée parce qu'elle était la dernière borne milliaire d'Italie.
La Sicile venait ensuite. En 212, elle était devenue province romaine; on y ajouta depuis les pays laissés au roi Hiéron II.
Les colonies étaient distribuées sur tous les points les plus convenables , et les privilèges accordés aux peuples suivaient une gradation systématique : nous l'avons déjà dit. Les alliés d'Italie étaient les plus favorisés ; mais, comme la grandeur de Rome était le prix de leur sang, ils prétendaient être assimilés aux citoyens par le vote et l'obtention des emplois. C'était l'unique moyen de s'épargner la coaction armée , toujours nécessaire pour tenir les peuples dans la servitude et l'humiliation ; les peuples avaient attendu ces concessions, tantôt des Scipions aristocrates , tantôt des Gracques démagogues, tantôt du sénat lui-même. Mais les patriotes conservateurs craignaient d'altérer la constitution et de voir accourir dans la métropole , à l'occasion des votes , une foule de gens qui, supérieurs par le nombre aux quelques citoyens véritables, disposeraient de la chose publique ; Rome , dès lors , aurait perdu tout à la fois sa suprématie au dehors et son autorité chez elle. Comment donc concilier la conservation de sa propre individualité avec la formation d'une grande société italienne?
Telle était, depuis un siècle , la question suprême ; et nous avons vu que le sénat , toujours habile dans sa politique , cherchait à la résoudre au moyen de promotions successives. Mais les réformes lentes déplaisent aux partis , et Marius reprit, en l'exagérant, le projet des Gracques. Pour reconnaître les services des Italiotes qui l'avaient secondé vaillamment dans la guerre contre les Gimbres, il accorda le droit de cité à beaucoup de militaires et à tout le contingent de Gamérinum, Comme le sénat lui en fii-