DANGERS DE ROME
à de nouveaux territoires , fut particulièrement appliquée à Coriiuium, ville des Péligniens, dont les alliés firent leur capitale. Elle eut son forum , sa curie, son sénat de 500 membres, reçut les otages et devint le dépôt des armes. Tous les ans, on devait y élire douze généraux et deux consuls. Ainsi, le taureau des Latins se posait en face de la louve romaine dans une guerre déclarée juste même par un écrivain de Rome (t).
Les Latins, les Étrusques , les Ombriens , qui pouvaient lui fournir 20,000 combattants, restaient fidèles à Rome; la Gaule cisalpine lui laissait lever des troupes , les rois numides des chevaux , le roi Rocchus des fantassins ; Marseille et Rhodes lui promettaient des navires ; le trésor contenait deux millions de livres d'or, et le sénat déployait cette prudence, qui est la qualité la plus nécessaire et la plus rare chez les insurgés. Cependant , les ennemis que Rome devait combattre, avaient été disciplinés par elle ; ils connaissaient tous les secrets de sa politique , et ils allaient lui faire la terrible guerre des montagnes. Si la victoire eût souri aux révoltés . tous les peuples sujets se seraient insurgés pour la réduire aux étroites limites de son territoire primitif, 90. et les esclaves mal comprimés seraient devenus un nouveau danger. Rome mit donc en œuvre l'habileté ferme et hardie du sénat; elle multiplia les armées et les généraux. Le consul Lucius Julius César fut envoyé dans le Samnium; l'autre, Publius RutiHus, chez les Marses : le premier avait pour lieutenants Pompée Strabon , père du grand Pompée , Quintus Cépion , Marcus Perpenna, \ alérius Messala ; le second , Publius Lentulus , Cornélius Sylla , Titus Tidius, Licinius Crassus et Marcus Marcellus, en un mot les hommes les plus renommés dans les armes par le courage et la prudence. Chacun de ces généraux eut sous ses ordres, avec le titre de proconsul , une division distincte ; ils furent en outre autorisés à opérer où et comme il leur paraîtrait convenable , en se prêtant toutefois un mutuel appui. Les insurgés, au con-
(1) ViTELiL , écrit de droite à gauche, selon l'usage des anciens Italiens. On a des médailles de cette ligue, représentant huit giieniers qui tendent leurs épées nues vers mie truie tenue par un homme agenouillé devant une enseigne militaire.
Micali ( Monumenti inedïtï ) a fait connaître une médaille qui porte à la lace McTiL EMBKATLR ct uuc tètc de femme couronnée de Herre , sur le revers C. Paapi et un taureau qui foule aux pieds une louve, allusion au nom d'Italie ( ViUilia) victorieuse de la louve romaine. L'inscription est en lettres et en langue osques , donnant ainsi la préférence à la langue et à l'écriture territoriales sur celles de la cité commune.