‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 225 sur 319 · SYLLA ATTAQUE ROME · texte numérisé non relu

SYLLA ATTAQUE ROME

son armée l'outrage qu'il a reçu, et les soldats, répondant d'une voix unanime à la motion de quelques intrigants, s'écrient : « Marchons sui- Kome. w Si les simples soldats étaient dévoués au général, dont leur avancement dépendait, les officiers, qui obtenaient leur promotion dans les comices populaires , refusèrent de participer à cette guerre parricide; Sylla, néanmoins, dirige l'ar- ^ niée sur Rome, prépare les torches pour l'incendier, et répond par des insultes aux préteurs qu'on lui envoie pour l'apaiser.

Le peuple, que cette audacieuse témérité surprend désarmé, se défend à coups de tuiles et de pierres, armes plébéiennes ; mais Sylla s'empare de Rome livrée aux llammes, fait égorger Sulpicius, et met à prix la tête de Marius pour venger la mort de ses amis et le pillage de ses biens. Les comices s'assemblèrent, et Sylla y porta la parole comme s'il n'eût pas coulé une goutte de sang : il proposa qu'aucune loi ne fût présentée au peuple sans avoir été préalablement approuvée par le sénat ; qu'on ne réunît plus les comices par tribus, mais par centuries; que nul ne pût, après avoir été tribun, exercer une autre magistrature, et que toutes les lois de Sulpicius fussent abrogées.

Le peuple exprimait son mécontentement par la nomination de magistrats opposés à Sylla, qui feignait d'applaudir à ces choix, comme une preuve de la liberté qu'il avait rendue aux élections. Eu effet , Cnéus Octavius , patricien ami de Sylla , fut nommé ^^^ consul avec Cornélius Cinna, son ennemi ; ce même Cinna monte alors au Capitole, et prend une pierre qu'il lance au loin, en prononçant cette Imprécation : « Si jamais je montre de l'hostilité contre Sylla , puissé-je être chassé de Rome comme j'en expulse cette pierre ».

Sylla, sans perdre de temps , fit poursuivre Marius fugitif. Le vainqueur des Cimbres, seul avec son fils et son gendre, fuyait de hameau en hameau à travers cette Italie qu'il avait voulu doter du droit de cité. Il s'embarqua à Ortéa; mais, poussé à terre près deCircéi, il erra en mendiant son pain, passant la nuit dans les bois, et se dérobant dans les roseaux du Liris aux assassins qui suivaient ses traces. Enfin, découvert dans la vase, où il étaitenfoncé jusqu'aux épaules, il fut traîné à Minturnes la corde au cou. Cependant, les Italiens, qui n'oubliaient pas l'intérêt qu'il avait pris à la cause des alliés, ne souffrirent pas qu'il périt ; ils inventèrent, probablement, le conte de rescla\e cimbrc envoyé pour le tuer dans sa prison, et qui fut accueilli par ces mots: « Misérable! oseras-tu bien tuer Caius Marius?» et l'es-

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