‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 23 sur 319 · CITÉS. COMMERCE · texte numérisé non relu

CITÉS. COMMERCE

A l'intérieur, les douze cités étaient organisées diversement ; mais toutes ensemble élisaient un pontife suprême pour les fêtes nationales. Le territoire de chacune comprenait beaucoup d'autres villes provinciales, colonies ou sujettes, habitées par la race subjuguée des Aborigènes et des Pélasges, toujours exclus des droits que la plèbe romaine sut conquérir, et qui ne pouvaient avoir d'assemblées, puisque tout se décidait dans celles des lucumous. Des factions surgissaient, mais parmi les familles qui gouvernaient oligarchiqueraent; jamais le peuple, la commune, ne pouvaient se constituer. Ce fut seulement plus tard que Yulsinies, attaquée par les Bomains, résista en armant la classe inférieure et les hommes de peine, qui obtinrent , en récompense, le droit de cité, celui de tester, de s'allier avec les dominateurs, d'entrer au sénat. Si toutes les villes avaient imité cette révolution ( dépeinte comme atroce par l'envie des nobles), la commune plébéienne et la force qui en est la suite s'y seraient établies; c'est ce qui arriva quand les Etrusques se soulevèrent au temps de Sylla, alors que la domination étrangère avait effacé les anciennes distinctions.

L'originalité des Étrusques ne tarda point à s'altérer par le mélange d'éléments étrangers; des Grecs, venus en grand nombre, probablement de l'Asie Mineure, leur apportèrent des coutumes qu'il nous est difficile de distinguer des usages indigènes.

Le luxe s'accrut alors; dans les festins, où lesfemmes étaient admises, il brillait tout à la fois par la magnificence des vêtements et par la délicatesse des mets (t). Si les turpitudes que ïhéopompe reproche aux Toscans , communauté des femmes.

(I) La saucisse lucanica a conservé son nom dans nos langues vulgaires. Obesus Hetniscus ; Catulle, xxxvii, 11. Pinguis Tyrrhenus ; Virgile, Georg. n,193, et dans YÉn., xi, 735 :

At non in Venerem segnes, nocturnaque bella, Aut u])i curva choros indixit tibia Bacclii, Exspectare dupes et plenœ pocula mensa?.

Voir Tiiéopompe dans Athl-Nke, xii, 3. Et Denys, ix, 1C> : 'Aêpo&iaiTov fàf Sri >^*' 7ioXuTe).£; tô tûv ïupprivôiv sOvo; r,v, oîxoi te xac ItzI CTpaTOTTÉSou" ÛTtepaYocaevov è^to tûv àvayxaîwv TiXoûroy Te xai Téx^i; £pYa TtavTOÏa 7:pà; i?;oovà; [j.£[i.riy avYi[A£va xal Tpuoâ;.

HoKACKnous donne une triste idée de leurs belles femmes, que Ttiéopompe appelle xi; ô'iii; xaAà?,lil, od. 10 :

Kon te Penelopen diflicilem procis Tyrrtienus genuit parens ; HIST DES ITAL. — T. I. '»

oO COMMERCE.

amours masculins publiquement avoués, semblent l'excès d'une satire, elles trouvent un appui dans leurs peintures obscènes.

Les Étrusques, comme on l'a vu , s'étendirent au moyeu des colonies ; loin d'imiter les habitudes des conquérants, ils édifiaient des villes au lieu d'en détruire. Semblables en cela aux Pélasges, ils faisaient prédominer des idées et des nombres symboliques. Ils avaient douze cités dans l'Étrurie, douze sur le Pô, douze au midi (ij, de forme carrée, orientées comme le prescrivait l'augure; la plupart embrassaient deux collines, et la forteresse se dressait sur la plus élevée. Us ouvraient beaucoup de ports au commerce; le plus important était Luni, dans le golfe de la Spezia. Il paraît même que les principaux citoyens s'adonnaient au trafic, pour lequel l'Etrurie servait d'intermédiaire entre la mer et le reste de l'Italie. Leur empire sur la mer devait remonter à une haute antiquité, puisqu'elle l'eçut d'eux son nom deTyrrhénienneet d'Adriatique; des navires tyrrhéniens faisaient le commerce dans la mer Ionienne en concurrence avec les Phéniciens (2) ; Agylla fournit soixante galères pour combattre les Phocidiens dans les eaux de Sardaigne ; dans un ancien catalogue qui manque de date et d'authenticité, les Étrusques sont appelés seigneurs de la mer (3). Par un grand nombre de scarabées et d'autres objets égyptiens, par les pierres précieuses d'Orient, par l'ambre du Nord, qu'on retire de leurs tombeaux, on acquiert la preuve qu'ils eurent des relations de commerce avec les pays du Nil . avec la Gyrénaïque et la Baltique. Ils essayèrent , sans doute, de déboucher au delà du détroit de Gibraltar, mais ils furent arrêtés par la jalousie des Carthaginois. A l'exemple de tous les peuples anciens, ils abusèrent de la puissance maritime pour exercer la piraterie; la réputation que les pirates tyrrhéniens

et Plaute une idée encore pire, Cistellarla ir , 3 :

.... Non enim hic , ubi ex lusco modo Tute tibi indigne dolem quœras corpore.

{{) Toutes leurs mesures et divisions sont multiples , et sous-multiples de 12 et de 10. La mesure agraire (vorsus), comme hplecdon grec, est un carré de cents pieds.

(2) HÉKODOTF. , M, 17.

(3) Nautty.aï; ôuvâ[j.ectv layùamxtç, xat tio).),où; xP^^^^^Ç OaXaTTaxpaxTÎijavTeç. DiODORE, v. L'antique navigation de la Méditerranée durait depuis le mois de mai jusqu'au commencement de novembre , c'est-à-dire depuis le lever iiéliaque jusqu'au coucl)er liéliaque des Pléiades. Cette constellation pourrait tirer .son nom , non pas de Tt/Eiot plus, beaucoup, mais de 7i),£îv naviguer.

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