‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 231 sur 319 · MASSACRE DES ROMAINS EN ASIE · texte numérisé non relu

MASSACRE DES ROMAINS EN ASIE

valent rien contre lui, ils attaquèrent Publius Rutilius Rufus , dont il avait suivi les conseils dans cette circonstance , l'accusèrent précisément du crime qu'il leur avait imputé et réussirent aie faire condamner; à la tête de ses dénonciateurs, se trouvait cet Apicius dont la gourmandise est restée proverbiale. Rutilius, prémuni par la philosophie contre la mauvaise fortune , se retira en Asie, où il fut accueilli comme un libérateur. Les Smyrnéens l'adoptèrent, et, bien qu'on le rappelât, il ne voulut pas retourner dans sa patrie , dont il écrivit l'histoire en grec. Cicéron, panégyriste de la vertu romaine , s'écriait : « Quel temple a été « sacré pour nos magistrats? Quelle cité , sainte? Quelle maison, « assez fermée et assez défendue? Il est difficile d'exprimer com- « bien nous sommes odieux aux étrangers à cause des iniquités et « de la dépravation de ceux auxquels nous confions les comnuui- « déments (l). » Enfin Silvanus Plautius porta une loi en vertu de laquelle chaque tribu devait élire tous les ans quinze juges

sa pris indifféremment parmi les sénateurs , les chevaliers ou la plèbe ; mais cette loi , qui enlevait aux chevaliers le privilège des jugements , devint la cause de la guerre civile.

Mithridade avait donc raison de dire : « Toute l'Asie m'appelle. » En effet, elle retentissait alors d'applaudissements au libérateur, au père, au dieu, au saint monarque. Les villes lii)res lui ouvrirent les portes ; Mitylène , Éphèse , Magnésie, abattirent les

f'*« monuments élevés par les dominateurs. Beaucoup de citoyens romains s'étaientétablis dans les provinces; le roi de Pont résolut de s'en débarrasser d'un seul coup, et, par un ordre secret, tous ceux que l'on put saisir , femmes , enfants , esclaves, furent massacrés le même jour. Leurs biens furent partagés entre le trésor et les assassins ; les esclaves qui tuèrent leurs maîtres , obtinrent la liberté, et les débiteurs, remise de la moitié de leurs dettes pour l'assassinat de leurs créanciers; quiconque avait caché un Italien fut puni de mort. Ni l'autel d'Éphèse , ni le temple d'Esculapc à Pergame, ne sauvèrent les victimes ; d'autres furent atteints lorsque, chargés de leurs enfants, ils s'enfuyaient à la nage vers Lesbos; les Cauniens déchirèrent dans de longues tortures les enfants sous les yeux de leurs mères , qui expirèrent de douleur ou perdirent la raison; les Tralles , ne voulant pas exécuter cet oidre barbare , en chargèrent un Paphiagonien qui égorgea les Romains dans le temple de la Concorde. Quelques historiens por-

(1) Pro lege ManUïa.

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